Archives de catégorie : Réactions à l’actualité

Luddisme

Le Luddisme était un mouvement ouvrier s’opposant aux débuts de la mécanisation des tissages en Angleterre. Lord Byron avait défendu à la chambre des lords, sans succès, les luddistes qui fracassaient les machines, comme le firent les canuts de la région lyonnaise quelques années plus tard.

A l’instar des luddistes et des canuts, il faut nous révolter contre cette mécanisation des esprits qui est en cours avec « l’incontournable intelligence artificielle »…

Et pourquoi donc s’opposer à un progrès technique ? La mécanisation devait permettre aux ouvriers de s’atteler à des tâches moins pénibles, moins répétitives. Elle a surtout servi à supprimer des emplois. Mais reconnaissons lui des vertus : le taylorisme a rendu certaines tâches ouvrières stupides. La mécanisation les rend obsolètes.

De même, si un programme d’ordinateur peut remplacer les saisies de formulaires, ou le fait de s’adresser à plusieurs ronds de cuir derrière un guichet, en ayant recours à des informations fiables et toujours à jour, pourquoi pas ?

Mais dans ces deux cas, cette vision optimiste est déformée. Car il existe d’autres voies d’amélioration du travail, à l’usine, au bureau ou à la ferme, bien plus intelligentes et respectueuse des capacités des uns et des autres. Donnons quelques exemples.

Produire des objets manufacturés identiques en très grand nombre est il toujours indispensable ? Bien sûr, nous sommes extrèmement nombreux et les « consommateurs » doivent bénéficier des mêmes offres de produit. Mais pourquoi ne pas préférer des objets réalisés à façon, adaptés à votre propre goût, produits avec moins de mécanisation et plus de travail manuel local ? Ils seraient plus chers ? sans doute, mais ils dureraient plus longtemps, pollueraient sans doute moins et permettraient à de petits artisans de gagner leur vie dignement. Le coût social du chomage local, l’impact des transports serait diminué. Il nous faudrait évidemment conserver ces objets plus longtemps, au lieu de les jeter quand on ne sait pas changer les piles.

Les procédures compliquées et contradictoires des administrations, mais aussi des entreprises, pour une autorisation ou pour fournir un service mériteraient d’être revues avant d’être avalées par une « IA », qui les déglutira avec des conséquences absurdes. Aujourd’hui, ces procédures imparfaites sont adaptées, ajustées, sans arrêt par ceux qui sont en charge de les appliquer à des cas toujours particulier. Et on ferait confiance à ceux qui font des programmes imparfaits plus qu’aux personnels en contact direct avec les personnes concernées ? Regardez un logigramme, la plupart d’entre eux ne sont pas vraiement dichotomiques ; il existe toujours des choix « autres » que ceux proposés. Si les programmes informatiques qui les remplacent sont de même piètre qualité, les conséquences seront bien plus terribles, car la possibilité d’adaptation faite par les employés sera perdue. Les merveilleuses innovations informatiques des années 1970-1980, qui ont permis d’écrire un texte, ou toute autre production abstraite, et de pouvoir l’améliorer sans cesse, qui ont permis des échanges d’idées à l’échelle de la planète n’ont pas fondamentalement progressé. Les progrès du XXième siècle sont commerciaux et rendent les utilisateurs de moins en moins conscients et de plus en plus stupides. Ils sont également politiques et visent à manipuler le consommateur et le citoyen.

La mécanisation des campagnes a poussé vers un modèle où un seul agriculteur contrôle un millier d’hectares avec ces machines, que pour l’instant, il utilise encore directement. Cela permet d’énormes productions et au moins à court terme, de fabuleux rendements. Cela va de pair avec une restriction des espèces, des variétés, un clonage, une simplification des procédures agronomiques, les traitements « préventifs » obligatoires. Cela entraîne la destruction des sols, la désertification des campagnes, la fin des haies, des bosquets, l’abêtissement des exploitants agricoles, qui ne se posent plus de questions techniques, faisant confiance aux technocrates qui le contrôlent via les coopératives qui leur achètent la production et vendent le matériel. Travailler le sol de ses mains est certes terrible, mais ce contact avec la nature n’abrutit pas, au contraire. Il pousse à se poser des questions, à adapter son geste à réfléchir à d’autres possiblités. Avec des milliards de travailleurs manuels cherchant un emploi qui les nourisse, il faut refuser la mécanisation des campagnes. D’autant qu’il serait souhaitable que chacun « cultive son jardin » pour produire au plus près et à moindre coût des produits variés. Les échanges de produits agricoles à l’échelle intercontinentale doivent être réservés à certains produits de haute qualité. La terre, dans tous les sens du mot, le demande.

Il ne s’agit pas de s’opposer à toute forme de mécanisation ou d’automatisation, mais il faut réduire celles-ci à des outils secondaires. Les tâches fondamentales doivent rester pleinement maîtrisées par leurs utilisateurs humains.

Choisir l’injustice…

Les gouvernements démocratiques se sont développés, certes par à coups, depuis les révolutions américaines et françaises de la fin du XVIIIème siècle, jusqu’à la fin du XXème siècle, depuis une vingtaine d’années, ce sont les dictatures qui sont en progression. Pour passer d’une dictature, ou de tout autre mouvement autocratique, à une démocratie, il faut une révolution. Mais pour repasser d’une démocratie, les solutions violentes d’un coup d’état ou d’une invasion ne sont pas les seules possibles…

En effet, le phénomène qu’on a constaté pour la fin de la république de Weimar, à savoir l’élection démocratique d’Adolf Hitler, un homme dont le programme affiché était de rompre avec la « molle » démocratie, purger le pays de ses ennemis de l’intérieur, reconquérir des territoires pour l’expansion de la race aryenne, cet exceptionnel avènement ne l’est plus.

En Afrique centrale, une démocratisation s’était profilée à l’horizon de plusieurs pays, à partir de 1989. Mais, sans doute guidés par la peur de l’instabilité, si meurtrière sur ce continent, les populations ont préféré les hommes forts déjà en place. Lorsqu’ils ont modifié la constitution pour pouvoir se représenter indéfiniment, ces chefs « rassurants » ont été plébiscités. Cela a été de même après les « printemps arabes », pour les pays qui n’ont pas sombré dans la guerre civile.

Les réélections successives de Vladimir Poutine depuis 2004 et 2008, avec l’intermède de l’homme de paille Medvedev, ont marqué chaque fois des régressions démocratiques pour la Russie, qu’on croyait libérée depuis 1989. Poutine a clairement utilisé plusieurs leviers :

  • l’attrait des habitants d’un immense pays pour un homme fort qui évite le chaos, comme cela s’est passé plusieurs fois dans l’histoire
  • le culte de la personnalité distillé par la propagande
  • de faux attentats et la guerre de Tchétchénie, pour faire accepter un régime autoritaire, seul rempart à de tels dangers
  • l’élimination physique des opposants, politiques ou journalistes
  • le renforcement du nationalisme par les actions guerrières, la propagande la dénonciation des agents étrangers pour tous les problèmes
  • La réécriture de l’histoire et de toute l’éducation pour la mettre au service d’un roman national
  • la guerre d’Ukraine pour faire oublier le déclin économique et passer à une économie de guerre

Certains pays satellites, comme la Biélorussie, la Géorgie subissent cette influence néfaste. Mais d’autres pays d’Europe s’inspirent de ces exemples nationalistes, fascistes, nazis ou post-communistes : la Hongrie et l’Italie. Le nationalisme remonte dans tous les pays, même l’Allemagne dont il avait causé l’effondrement.

En Chine, la dictature s’est encore durcie avec l’élimination par Xi Jinping de ses concurrents qui partageaient le pouvoir avec lui. Mais cela nous éloigne de notre propos, il n’y a jamais eu d’élection au suffrage universel direct en Chine.

Car ce qui doit inquiéter le plus, c’est bien que des citoyens ayant pourtant reçu un minimum d’éducation, au moment crucial où ils peuvent exprimer leur avis sur le gouvernement de leur pays, choisissent l’injustice.

Or tous les êtres humains partagent ce sentiment, plus ou moins développé suivant leur intelligence, leur éducation, de ce que doit être la justice : une coutume, une règle, une loi, qui leur permette d’aspirer librement à leur part de bonheur dans le monde, en équilibre avec ces prochains. Malgré cela, consciemment ou non, un nombre de plus en plus grands d’individus choisissent le dirigeant le plus injuste, le plus cruel. La peur des représailles, l’espoir de faire partie des relatifs privilégiés et la haine de l’ennemi étranger identifié par l’autocrate se mêlent dans l’esprit de ces pauvres humains qui ruinent ainsi tout espoir de justice universelle.

Les écologistes, nouveaux boucs émissaires

Après les Juifs, les étrangers en général, les migrants en particulier, ce sont les écologistes qui sont désignés comme les nouveaux boucs émissaires de nos maux.

Ce sont bien sûr les media d’extrème droite nationaliste qui sont à l’oeuvre, mais ils sont appuyés, en France du moins, par toute l’aile droite de l’échiquier politique et même par une partie de la gauche.

Les écologistes seraient responsables des difficultés des entreprises en ayant suscité les normes européennes et françaises ; ils soutiendraient l’extrème gauche terroriste, qui exercent des violences contre les chasseurs et les agriculteurs (on est pas à un mensonge et une contre vérité près ; Willy Schraen, Poutine, Trump, même dialectique !) ; ils auraient réintroduit le loup, le lynx, les vautours et l’ours, plaies du monde rural ; ils ruineraient les agriculteurs, ils couperaient les routes, ils soutiendraient les islamistes. Ils auraient provoqué l’arrêt du programme nucléaire la privatisation des centrales et l’abandon de la formation d’experts en sureté nucléaire. Bref ce seraient de dangereux terroristes. Sur les sites complotistes et sur les réseaux sociaux, on les accuse même de créer les catastrophes pour justifier le changement climatique qu’ils ont complètement imaginé pour stopper le développement du monde.

C’est ridicule, d’autant plus que le crime ne leur profite pas« . En matière de dévelopement économique, d’énergie nucléaire, d’agriculture, de chasse, toute cette désinformation profite financièrement aux puissants de ce monde : les gros groupes financiers, les industriels du pétrole, du nucléaire et des mines, à l’agriculture productiviste. C’est bien de ce côté qu’on peut imaginer un complot, avec subornation de politiques et de scientifiques pour créer des contre-arguments au discours sur la décroissance et la restauration de la nature.

Par rapport à la haine des juifs, des migrants et de l’Europe, cette fois ci, ce ne sont pas les nationalistes qui sont à la source de l’opprobre : le discours sur les nouveaux ennemis imaginaires du peuple est bien constitué et nourri par les lobbys industriels. Ce n’est que dans un second temps que les media de droite ont repris ces allégations mensongères. La droite nationaliste est d’ailleurs ravie de se trouver un autre ennemi que les étrangers, pour pouvoir avoir l’air de mener d’autres combats que celui de la haine. La défense des « vrais » agriculteurs se fait en suscitant la haine des écoterroristes qui s’en prennent à leurs biens et provoquent la mort des agneaux. Mais les vrais loups, dangereux pour la nature et l’humanité, sont bien les grands groupes financiers et industriels, qui manipulent les marionnettes de l’extrème droite nationaliste.

Les mensonges des sondeurs

Les Français font confiance à … Les Français sont inquiets, sages, égoïstes ou généreux… La pire formulation étant « Le Français est attaché à … ». Chaque sondage est décrit et commenté en ces termes.

Les statistiques sont basées sur la théorie mathématique des probabilités. Il s’agit d’une démarche scientifique. Mais leur interprétation donne lieu à des abus de langage, et à de véritables mensonges scientifiques.

Tout le monde comprend que si on rencontre deux imbéciles dans une communauté, cela ne prouve pas qu’il y en ait plus qu’ailleurs dans cette communauté. Mais tout le monde admet que si une forte proportion de gens de cette communauté croient que la terre est plate, on considère que tous sont des crétins.

L’abus de langage consiste donc en premier lieu dans la généralisation des résultats, en appliquant une majorité de valeurs mesurées à l’ensemble de la population concernée. Mais quand la proportion de l’échantillonnage est élevée, les statisticiens eux mêmes n’hésitent pas à simplifier leurs résultats. Or si « l’écrasante majorité » des individus de l’échantillonnage avaient la meme réponse, cela ne signifierait pas que tous les individus de cette population auraient cette même réponse. Cela signifierait que la probabilité d’une réponse différente est extrêmement faible.

Mais un chiffre extrèmement petit peut avoir un poids évolutif immense : c’est le principe du taux de mutation des êtres vivants. Celui ci serait compris entre un sur dix mille et un sur cent millions, mais ce sont bien les mutations qui ont fait évoluer les espèces, aujourd’hui innombrables.

Bien sûr, la plus triste conséquence des généralisation statistiques n’est pas l’erreur de prédiction, mais le mépris, la discrimination qu’elles engendrent pour les populations décrites.

Enfin ces considérations seraient valables si les sondeurs étaient des gens honnêtes et de bonne foi, entraîné par la réthorique à des abus de langage et une déformation des faits. Mais les sondages et les statistiques, ainsi que la formulation non scientifique des résultats, sont souvent utilisées avec des arrières pensées de manipulation de l’opinion.

Les études scientifiques sont basées sur des hypothèses, parfois contradictoires, qu’il faut vérifier grâce à des mesures. Une étude digne de ce nom doit être critique avant tout sur ses propres hypothèses, pas seulement sur ses résultats. Quand on compare avec les sondages d’opinions, les sondés ont le choix entre des formulations trop simples, maladroites ou ambigües, qui bien souvent ne correspondent pas à la pensée de la personne sondée. La formulation des questions permet déjà de manipuler les résultats. Ensuite, une majorité relative de réponses convergentes permet d’énoncer une « tendance profonde de l’opinion ».

Les sondages sont un des outils de la démocratie les plus utilisés par ceux qui veulent amoindrir la liberté individuelle et augmenter le mépris et la haine. Méfions nous en, et quand nous utilisons les statistiques, n’exprimons que les faits précis, pas des généralisations abusives, avec des types sociologiques, dont forcément un groupe sera celui à abattre, à punir ou à détrousser.

Les mauvaises raisons du nucléaire

L’énergie nucléaire a été développée autoritairement en France pour des raisons qui n’en sont pas. Elle a été maintenue, toujours autoritairement, pas des gouvernements de gauche et de droite, enchainés par la spirale de ces arguments vicieux :

1. C’est d’abord un produit dérivé de la défense nucléaire. On construisait des bombes pour ne pas s’en servir, pourquoi pas des objets nucléaires utiles ?

2. Comme la bombe, l’énergie nucléaire est un élément de souveraineté et d’indépendance nationale. Pour ne plus dépendre du pétrole, nous nous somme précipité dans cette énergie alternative. C’était oublier qu’il fallait de l’uranium extrait dans des pays étrangers. Les ingénieurs français ont ensuite vendu leur technologie de pointe à d’autres pays, en Finlande, en Angleterre et en Chine, pour des raisons commerciales bien plus fortes que la raison d’État. Aujourd’hui, la France dépend de l’étranger également pour le traitement de l’uranium brut ou en déchet, en particulier… de la Russie ! Nous cherchons également à exporter nos déchets, bref, nous sommes loin de l’indépendance !

3. L’énergie nucléaire produit sur des sites centralisés d’énormes quantités d’énergie. Elle n’est pas chère et pourra être distribuée grâce à un système centralisé. Mais le transport fait perdre une forte proportion (30-50%) de l’énergie produite : un système de production centralisé est un énorme gâchis énergétique et les lignes à très haute tension ont un impact environnemental énorme.

4. La sécurité de tout ce système sera assuré par l’État, ses meilleurs ingénieurs, ses meilleurs fonctionnaires, ses meilleurs ouvriers. Le caractère centralisé convient particulièrement à cette mise en sécurité garantie par l’État. Cet argument, avec l’argument nationaliste, a convaincu la Confédération Générale du Travail et le parti communiste français…. Aujourd’hui, EDF a été démantelé en plusieurs sociétés privées, à capital d’Etat. La direction et le controle ne sont plus assurés par des hauts fonctionnaires ayant comme seul règle absolue l’intérêt général, mais soumis à la pression d’innombrables intérêts particuliers. Les travaux sont réalisés par toute une série de sous traitants difficilement controlables et moins formés. Les compétences et les savoir faire ne sont plus possédés par les jeunes ingénieurs fonctionnaires français.

5. Les déchets ont une durée de vie plurimillénaire : cela permet de toujours remettre la question de leur élimination et de leur stockage à plus tard. La procrastination et les calculs à court terme ont fait bon ménage dans les esprits pronucléaires… Pourtant c’est la longue durée des programmes, des investissements, qui a permis d’absorber toutes les erreurs de programmation, de calcul, qui a permis de faire accepter des dépenses d’investissement multipliées par dix par rapport aux prévisions. Mais les dépenses liées aux déchets seront toujours minimisées et négligeables, puisque sans cesse reportées.

6. Pour défendre les centrales contre les aggressions et le nucléaire contre les oppositions, on pourra utiliser le secret (et le mensonge) qui seront facilités par l’organisation centralisée, la chaine hiérarchique élitiste. Les ingénieurs géniaux qui maitrisent les processus de fission nucléaire sauront bien se protéger des malveillants, des tremblements de terre, des sécheresses, des terroristes : tout à été prévu par les meilleurs esprits, on ne risque rien… les murs ont été calculés à la bonne dimension. Une attaque aérienne sur les points fragiles ? Impossible, tout est sécurisé, l’armée veille. Qui aurait imaginé qu’on ferait vaciller les tours de New York avec un avion détourné au cutter…

7. Bien sûr, les énormes cheminées et les grosses installations, placées près de l’eau, indispensable au refroidissement, ne sont pas discrètes, mais, les colonnes de vapeur d’eau sont tellement plus jolies que les fumées noires des centrales à charbon ou à fuel. Pas de pollution directe visible… L’argument qui a relancé la filière, et qui existait déjà à l’origine, est justement l’absence de rejets carbonés. L’énorme consommation d’eau et le réchauffement des rivières à l’aval n’a pas été un problème écologique majeur, tant que l’eau ne manquait pas. la gestion des déchets est également placée sous le signe de la discrétion : on les enfouira ! ou on les exportera…

8. Enfin, ce système affirme au monde entier la force de la France, son niveau technologique, et l’exporte. Mais le choix des gouvernements français impose à ses voisins européens des risques réels. En cas d’incident grave, et l’état actuel des centrales n’est pas de nature à nous rassurer, ou d’attaque terroriste, les radiations toucheront tous nos voisins sous le vent, alors que la plupart d’entre eux n’ont pas fait le choix du nucléaire, et l’ont même démocratiquement écarté. Les aléas sont forts, les erreurs de conception et les fautes de réalisation et d’entretien par des sous traitants mal controlés sont tels que si on considère les probabilités, il y aura forcément des incidents graves et les centrales nucléaires françaises trop fragiles feront le malheur d’une bonne partie de l’Europe.

Pour la lutte contre le changement climatique, il faut des états responsables, pas des nations coupables

Lors de cette convention pour le climat, qui se tient dans un pays où les atteintes à la liberté sont légions, on entend une nouvelle idée : les pays riches devraient payer aux pays pauvres les dommages qu’ils subissent à cause d’eux. Utiliser un tel argument est tentant, mais dangereux.

Le concept de culpabilité nationale est mortifère . L’idée à promouvoir, c’est la solidarité entre tous les humains, pas la punition de méchants pays vis à vis de pays innocents. Les États ne sont pas des individus qui devraient payer pour leur fautes. Un individu ne peut d’ailleurs jamais effacer ses crimes, il peut seulement s’amender et changer.

La notion de réparation a conduit, après la première guerre mondiale a créer haine et humiliation. Il ne s’agit pas de réparer, mais de partager. il faut aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’en sortir seuls pour limiter les déséquilibres économiques et les catastrophes en chaîne, par solidarité économique, pas seulement par fraternité spirituelle.

La reine est morte, supprimons la monarchie.

Comment des journalistes français, instruits par la république, peuvent ils se répandre en hagiographie sur une reine et un roi ? Ne croient ils pas que les êtres humains naissent libres et égaux ? Elisabeth n’avait que peu de mérite autre que sa naissance. Son immense fortune personnelle, détournée des biens publics, lui donnait l’occasion de participer à la sinistre danse des multinationales.

Arrêtons de nous transformer volontairement en « sujets », en marionnettes. La monarchie, c’est le règne par la force, le mensonge et la manipulation. Comment un esprit éclairé peut il prétendre que le fils aîné d’un roi, ou le dernier rejeton aprèsles guerres de succession, sera le meilleur dirigeant, alors que toute son enfance, cet enfant aura été gâté par le mensonge de sa supériorité ?

Plus l’attachement est fort à ces faux héros que sont les souverains, plus il faudra imaginer une réaction violente pour s’en détacher, alors que ces pauvres bougres, souvent haïs et victimes d’assassinat par leur propre famille ou des terroristes nationalistes, ne devraient faire l’objet que de notre mépris ou de notre compassion. Seule l’immense communauté des êtres humains doit être souveraine.

Le nouveau complexe d’Oedipe

L’éco-anxiété semble se propager dans le monde riche, et on s’en étonne. Mais le plus extraordinaire n’est pas de s’inquiéter de la disparition de la forêt sur la planète, du changement climatique irrévérsible et de toutes les pollutions qui interdiront à nos enfants et petits enfants une vie saine. Le plus incroyable, c’est que les êtres humains les plus informés du monde actuel et du monde ancien refusent, dans leur grande majorité, de voir que leur espèce s’est conduite toute seule à la catastrophe et que pour y remédier, ils devront changer leur vie.

La haine qui se propage contre les écolos, les gauchistes, les décroissants, les vegan est disproportionnée par rapport aux possibles menaces des soi-disant khmers verts : il ne prétendent pas massacrer les mangeurs de viande, les chasseurs ou les propriétaires de tout terrain, mais souhaitent seulement qu’on controle leur activité.

Pas d’analyse objective ou de construction intellectuelle complexe chez ceux qui se plaignent de l’écologie punitive : il ne s’agit que d’une pensée réflexe, jouant sur des préjugés, des simplifications. Du coup, il est difficile, voire impossible de faire réfléchir ceux qui ont volontairement choisi de s’aveugler, pour préserver leur confort intellectuel et leurs habitudes destructrices.

Pourtant ces habitudes ne sont pas des choix conscients : manger trop de viande, rouler dans des véhicules individuels, beaucoup consommer et ne penser qu’à ça sont des comportements induits du conditionnement commercial, hérités des milliers d’heures où nous avons vu, entendu, où nous avons été imprégnés des publicités mensongères et stupides : double pléonasme ! La majorité des gens aisés associe inconsciemment son niveau de confort à la vérité suprême, du dogme de la consommation et du progrès technologique.

A cet aveuglement écologique se joint une hypocrisie sociale : nous croyons sans le dire que tous les gens normaux vivent en démocratie et que nous sommes très loin, complètement séparés, des ouvriers asiatiques exploités et des journalistes assassinés pour leur droit à l’expression. Ils n’ont qu’à se révolter, ou attendre que le progrès du capitalisme leur apporte la démocratie…

Il est pourtant facile de démontrer que l’abondance des uns est bâtie sur l’exploitation des autres. Autrefois les esclaves ou les ouvriers habitaient à nos portes, aujourd’hui ils sont assez loin pour qu’on les oublie. Il est facile de comprendre que ce modèle est instable et que toute la technologie du monde ne permet pas de reboiser en un an ce que la nature, même aidée du travail des forestiers, a construit en plus d’un siècle. Il est facile de deviner se situe la mauvaise foi et l’intérêt motivant l’hypocrisie entre des scientifiques défendant la nécessité d’une décroissance et des industriels du pétrole et de la chimie se voulant rassurant.

Mais ces évidences intellectuelles sont niées, les scientifiques sont tous des menteurs, ceux qui proposent une autre organisation politique de dangereux idéologues : on préfère se mentir à soi même, s’aveugler. A ce comportement pathologique s’associe donc tout une souffrance cachée : celui qui se ment à lui même sur la décroissance, augmente intérieurement sa culpabilité, l’exagère sans doute. Abreuvé d’informations, de contre-informations, on mange et boit compulsivement, on consomme comme on appuie le pied sur l’accélérateur pour dépasser un obstacle. On choisit une religion, un parti politique qui conforte cet aveuglement et surtout qui fait oublier toute la complexité du monde, pour simplifier, se rassurer. On est près à absorber n’importe quel folle croyance, l’astrologie; le départ des riches dans une autre planète plus verte ou le paradis pour les terroristes tueurs d’enfants, en espérant oublier la culpabilité issue de l’aveuglement.

Mais se crever les yeux n’a rien résolu pour Oedipe. Il nous faut être lucide et courageux pour restaurer la nature, la paix et assurer la survie de tous nos enfants.

Développer les voitures électriques, l’escroquerie du XXième siècle.

C’est une manipulation incroyable, de la part des industriels et des gouvernements : faire passer la voiture électrique pour une amélioration environnementale ! des voitures séduisantes, silencieuses, et soit disant écologiques… Leur construction demande énormément d’énergie, les batteries sont difficiles à recycler, elles demandent des matériaux rares extraits dans des conditions sociales et écologiques scandaleuses, la création et l’entretien du réseau seront chers, la durée de vie des batteries, et donc des voitures très très limitées : l’innovation technologique, qui progresse au rythme des téléphones portables ne permet pas de conserver 20 ans, comme on a pu le faire pour d’autres véhicules, ces voitures à obsolescence programmée. En plus, en France, leur développement va de pair avec le renouveau des centrales nucléaires, dangereuses, extrèmement couteuses, générant des coûts sur les déchets pendant des millénaires, et une augmentation générale des dépenses d’énergie.

La seule solution viable, à 8 MM d’êtres humains, ce sont les transports en commun obligatoires sur certains trajets, le train pour les longs trajets de matérieux, et conserver les vieilles voitures très longtemps pour les petits trajets, en arrêtant d’en construire en grand nombre pour encombrer la planète de déchets… il faut développer les voies ferrées en se payant sur des augmentations de taxes sur les carburant et arrêter d’entretenir les grandes routes.

Cette politique des transports doit être révolutionnaire, et à l’échelle la plus vaste possible pour être efficace. Elle pourrait réussir car plus rationnelle, mais le grand moteur de la voiture individuelle, c’est l’individualisme et le maintien des inégalités sociales. Dans la vie courante, on s’affirme par rapport aux autres par sa voiture. Or celle ci pourrait être conservée comme un hobby pour les déplacements de loisir, ou certains déplacements techniques locaux, elle doit être considérablement limitée dans les déplacements professionnels et tous les déplacements de proximité.

Il faudra aussi inventer une façon plus intelligente de faire ses courses, avec des marchés et des commerçants de proximité, où on va acheter moins de 2 kg de marchandises, et plus de concentration d’hyper marchés et galeries commerciales, d’où l’on repart avec des caddies pleins d’objets inutiles.

La solution sera collective. Ne nous laissons pas imposer ce que nous n’avons pas choisi, ne nous laissons pas appâter par de faux attraits en faisant mourir notre nature sous le poids d’objets inutiles comme ces batteries.

conte de campagne : la falaise

Un type marche sur un sentier au bord d’une très haute falaise. Ca monte, ca descend, il y a des cailloux… pas facile. Un autre type en marche, le rattrape, cherche à le doubler, le pousser, l’empêcher d’avancer… Et ça dure… cinq ans ! alors au bout de cinq ans, notre héros fatigué, irrité, est tenté de se jeter dans le vide, vers marine, vers le nationalisme et peut-être la guerre, qui lui feront oublier ses soucis et ce salaud qui cherche à vous doubler et vous écraser.