L’hypercapitalisme est incompatible avec la sauvegarde de la nature et la justice.

Une organisation économique est essentielle a l’humanité depuis qu’elle a dépassé le stade du néolitihque.

Mais depuis cette période, l’espèce humaine a également modifié considérablement l’aspect de la planète, en faisant régresser les milieux naturels, par le feu, l’agriculture et l’élevage, et maintenant par la pollution et l’instabilité climatique.

Si l’espèce humaine a prospéré en nombre, la liberté qui la caractérise est en régression sur la majeure partie des pays. La justice, qui gère l’équilibre des libertés individuelles n’existe pas.

Face à ces deux échecs énormes, quelle est la réaction de l’économie mondiale ? Les grandes forces économiques sont principalement aux mains de très grands groupes privés, dont les dirigeants ne recherchent que leur propre intérêt, et, pour le groupe qu’ils dirigent, des profis énormes à court terme, avec un retour sur investissement de plus de 10%.

L’agriculture, l’industrie, les services ne créent pas directement de tels profits. Les échanges de biens et de services, dans une société juste et respectant la nature, se feraient à masse sensiblement égale : ils rapporteraient autant aux producteurs qu’aux consommateurs, et une bonne partie du profit devrait retourner à la terre qui les a engendrés.

Pour créer des profits énormes, les décideurs de ces grands groupes privés choisissent le déséquilibre :

En premier lieu, il faut déséquilibrer les rapports sociaux entre patrons et employés, pour augmenter la part de revenu des actionnaires aux dépens du réinvestissement dans la production, la protection de l’outil de travail et des salaires des employés et ouvriers.

En second lieu, il faut déséquilibrer les échanges entre les pays : favoriser les différences en laissant prospérer le nationalisme et renouveler les guerres entre voisins, privilégier les régimes autoritaires, dont les dirigeants sont plus corruptibles qu’en démocratie. la guerre favorise une production industrielle simplifiée, limite les contrôle, maximise les profits. les différences de frontières permettent de concentrer la production de l’industrie dans les pays non démocratiques où les ouvriers seront exploités au maximum. Pour limiter efficacement le pouvoir de l’Etat, de la collectivité, garants de l’intérêt général, le maintien de petites nations, sans réel pouvoir sur l’économie, est “capital”. Quant aux très grands pays, lorsqu’ils sont totalitaires il faut pouvoir acheter leurs dirigeants ; lorsqu’ils sont démocratiques, il faut y limiter le pouvoir de l’Etat en dessous de celui des grands groupes financiers.

En dernier lieu, il faut décrédibiliser toutes les forces qui souhaiteraient que la justice sociale et la protection de la nature soient plus fortes que le libéralisme économique, permettant aux plus forts d’écraser les plus faibles. Pour cela, on tue des dirigeants syndicaux, des journalistes, des protecteurs de la nature dans les pays peu démocratiques, on les marginalise dans les démocratie, en tournant en dérision les “utopies” sociales ou environnementales, en achetant de faux articles scientifiques, en mettant au pas des media complets. On réalise des actions pour le progrès social ou naturel qui n’auront qu’un effet mineur, en vantant la responsabilité sociale et environnementale des grandes entreprises dont le principal objet est la ruine de la planète.

Pour sauver l’humanité de la ruine et de la guerre à moyen terme, il faut avant tout combattre ses principaux ennemis et modifier l’organisation politique et économique de toute la planète. Cette révolution doit être mondiale et si chacun doit y prendre sa petite part, ce ne sont pas des efforts isolés qui la permettront, mais bien une dynamique collective.

Les mauvaises raisons du nucléaire

L’énergie nucléaire a été développée autoritairement en France pour des raisons qui n’en sont pas. Elle a été maintenue, toujours autoritairement, pas des gouvernements de gauche et de droite, enchainés par la spirale de ces arguments vicieux :

1. C’est d’abord un produit dérivé de la défense nucléaire. On construisait des bombes pour ne pas s’en servir, pourquoi pas des objets nucléaires utiles ?

2. Comme la bombe, l’énergie nucléaire est un élément de souveraineté et d’indépendance nationale. Pour ne plus dépendre du pétrole, nous nous somme précipité dans cette énergie alternative. C’était oublier qu’il fallait de l’uranium extrait dans des pays étrangers. Les ingénieurs français ont ensuite vendu leur technologie de pointe à d’autres pays, en Finlande, en Angleterre et en Chine, pour des raisons commerciales bien plus fortes que la raison d’État. Aujourd’hui, la France dépend de l’étranger également pour le traitement de l’uranium brut ou en déchet, en particulier… de la Russie ! Nous cherchons également à exporter nos déchets, bref, nous sommes loin de l’indépendance !

3. L’énergie nucléaire produit sur des sites centralisés d’énormes quantités d’énergie. Elle n’est pas chère et pourra être distribuée grâce à un système centralisé. Mais le transport fait perdre d’énormes quantités d’énergie : un système de production centralisé est un énorme gâchis énergétique et les lignes à très haute tension ont un impact environnemental énorme.

4. La sécurité de tout ce système sera assuré par l’État, ses meilleurs ingénieurs, ses meilleurs fonctionnaires, ses meilleurs ouvriers. Le caractère centralisé convient particulièrement à cette mise en sécurité garantie par l’État. Cet argument, avec l’argument nationaliste, a convaincu la Confédération Générale du Travail et le parti communiste français…. Aujourd’hui, EDF a été démantelé en plusieurs sociétés privées, à capital d’Etat. La direction et le controle ne sont plus assurés par des hauts fonctionnaires ayant comme seul règle absolue l’intérêt général, mais soumis à la pression d’innombrables intérêts particuliers. Les travaux sont réalisés par toute une série de sous traitants difficilement controlables et moins formés. Les compétences et les savoir faire ne sont plus possédés par les jeunes ingénieurs fonctionnaires français.

5. Les déchets ont une durée de vie plurimillénaire : cela permet de toujours remettre la question de leur élimination et de leur stockage à plus tard. La procrastination et les calculs à court terme ont fait bon ménage dans les esprits pronucléaires… Pourtant c’est la longue durée des programmes, des investissements, qui a permis d’absorber toutes les erreurs de programmation, de calcul, qui a permis de faire accepter des dépenses d’investissement multipliées par dix par rapport aux prévisions. Mais les dépenses liées aux déchets seront toujours minimisées et négligeables, puisque sans cesse reportées.

6. Pour défendre les centrales contre les aggressions et le nucléaire contre les oppositions, on pourra utiliser le secret (et le mensonge) qui seront facilités par l’organisation centralisée, la chaine hiérarchique élitiste. Les ingénieurs géniaux qui maitrisent les processus de fission nucléaire sauront bien se protéger des malveillants, des tremblements de terre, des sécheresses, des terroristes : tout à été prévu par les meilleurs esprits, on ne risque rien… les murs ont été calculés à la bonne dimension. Une attaque aérienne sur les points fragiles ? Impossible, tout est sécurisé, l’armée veille. Qui aurait imaginé qu’on ferait vaciller les tours de New York avec un avion détourné au cutter…

7. Bien sûr, les énormes cheminées et les grosses installations, placées près de l’eau, indispensable au refroidissement, ne sont pas discrètes, mais, les colonnes de vapeur d’eau sont tellement plus jolies que les fumées noires des centrales à charbon ou à fuel. Pas de pollution directe visible… L’argument qui a relancé la filière, et qui existait déjà à l’origine, est justement l’absence de rejets carbonés. L’énorme consommation d’eau et le réchauffement des rivières à l’aval n’a pas été un problème écologique majeur, tant que l’eau ne manquait pas. la gestion des déchets est également placée sous le signe de la discrétion : on les enfouira ! ou on les exportera…

8. Enfin, ce système affirme au monde entier la force de la France, son niveau technologique, et l’exporte. Mais le choix des gouvernements français impose à ses voisins européens des risques réels. En cas d’incident grave, et l’état actuel des centrales n’est pas de nature à nous rassurer, ou d’attaque terroriste, les radiations toucheront tous nos voisins sous le vent, alors que la plupart d’entre eux n’ont pas fait le choix du nucléaire, et l’ont même démocratiquement écarté. Les aléas sont forts, les erreurs de conception et les fautes de réalisation et d’entretien par des sous traitants mal controlés sont tels que si on considère les probabilités, il y aura forcément des incidents graves et les centrales nucléaires françaises trop fragiles feront le malheur d’une bonne partie de l’Europe.

Le nationalisme est le batard que la royauté a fait à la république.

L’idée de nation a été utilisée par les souverains autocrates pour asseoir leur pouvoir. Il s’agissait d’unir un peuple, en utilisant sa peur de l’étranger, et la transformant en haine, pour garantir son unité derrière le souverain, protecteur de cette nation. Les serfs dépendait de leur seigneur, sans se sentir pour cela différents de leur voisins. Mais les sujets du roi se distinguent clairement des étrangers : ils utilisent la même monnaie, ont la même loi, voient passer dans mêmes uniformes leurs jeunes garçons raflés pour attaquer un autre pays, haïssent les envahisseurs qui viennent violent nos femmes.

Ce sont des idées philosophiques universalistes qui ont propulsé la révolution française : retrouver un gouvernement par le peuple, affirmer la liberté, l’égalité des chances… Mais une fois le roi en prison, les monarchies voicines ont menacé la république, qui s’est défendue par les armes à ses frontières. Pour lever des troupes, la république a utilisé l’idée de la défense de la liberté, contre les nobles, mais aussi la sauvegarde de la nation, en péril face au risque d’invasion. Et c’est probablement ce second argument, basé sur la peur séculaire de l’étranger, qui a été le plus développé et qui a sans doute été le plus efficace pour lever une armée populaire immense, qui par son nombre, a su faire barrage aux troupes monarchiques.

Après le coup d’état de Napoléon Bonaparte, la république est morte, mais les mêmes armées sont emmenées conquérir l’Europe un petit peu au nom de la liberté, mais beaucoup au nom de la supériorité nationale. L’ambiguité des motivations a d’ailleurs été entretenue par Napoléon, comme les anglais, de l’autre côté de la Manche, engageaient des troupes au nom de la liberté mise en péril par l’ogre impérial.

Dans toute l’Europe, les idées nationalistes se sont développées en même temps que les idées républicaines. Mais comme l’a montré l’histoire de l’indépendance italienne, où les républicains se sont effacés devant le roi du Piémont, et celle de la création de l’Allemagne, où l’union s’est faite derrière le Kaiser, le nationalisme est plus fort dans les coeurs que la démocratie. la liberté est confondue avec l’autonomie, le droit pour ceux qui parlent la même langue d’élaborer leurs propres lois.

Le nationalisme est devenu la tour de Babel du monde : les petits pays basés sur la langue et la coutume, s’opposent entre eux sans fin, les différences de loi empêchent des échanges justes entre les pays. Chaque pays qui se trouve fort par son armée se croit supérieur par l’esprit et autorisé à envahir les inférieurs. Chaque population opprimée par un oppresseur, dans le monde entier, se révolte au nom d’une nation, réunie par la haine de l’étranger. Le communisme a pu exister en Chine et au Vietnam, mais également à Cuba, grâce au nationalisme : il fallait se libérer des occidentaux, des japonais, des américains.

La tour de Babel des nationalismes n’en finit pas de s’effondrer :Ce nationalisme, qui a écrasé la république universelle, a engendré le colonialisme et deux guerres mondiales.

Pour la lutte contre le changement climatique, il faut des états responsables, pas des nations coupables

Lors de cette convention pour le climat, qui se tient dans un pays où les atteintes à la liberté sont légions, on entend une nouvelle idée : les pays riches devraient payer aux pays pauvres les dommages qu’ils subissent à cause d’eux. Utiliser un tel argument est tentant, mais dangereux.

Le concept de culpabilité nationale est mortifère . L’idée à promouvoir, c’est la solidarité entre tous les humains, pas la punition de méchants pays vis à vis de pays innocents. Les États ne sont pas des individus qui devraient payer pour leur fautes. Un individu ne peut d’ailleurs jamais effacer ses crimes, il peut seulement s’amender et changer.

La notion de réparation a conduit, après la première guerre mondiale a créer haine et humiliation. Il ne s’agit pas de réparer, mais de partager. il faut aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’en sortir seuls pour limiter les déséquilibres économiques et les catastrophes en chaîne, par solidarité économique, pas seulement par fraternité spirituelle.

La surpopulation relativise les morales

Einstein a pu théoriser que les lois de Newton ne s’appliquaient pas dans l’infiniment petit, dans l’infiniment grand, quand on s’approchait de la vitesse de la lumière. De même, il faut remettre en cause de nombreux dogmes établis à des moments précis de l’humanité, lorsque celle-ci était en danger du fait de son faible nombre, par rapport à la taille de sa planète.

Aujourd’hui nous sommes en surpopulation : il y a trop d’êtres humains pour que ceux-ci s’alimentent et vivent bien, en équilibre avec les autres espèces et sans épuiser les ressources naturelles qu’ils consomment immodérément. C’est du moins le cas avec les méthodes actuelles d’agriculture et de production industrielle.

La plupart des lois en application sur la planéte sont dérivées de lois religieuses ou coutumières anciennes, établies à une époque où la préservation de la vie humaine était l’objectif crucial. On blesse quelqu’un, ce n’est pas grave. On tue un animal, ce n’est pas grave. On brûle une forêt, ce n’est pas grave, il y en a tellement. On tue un être humain, c’est gravissime. Chaque grande religion, la plupart des pays interdisent le meurtre et ne prévoient pas d’exception. Cette loi est supérieure au respect de la liberté individuelle : le suicide est souvent interdit et généralement condamné. La peine de mort, au début réservée à la loi du talion, aux seuls meurtriers, est interdite dans de nombreux pays.

A l’inverse, tous les autres crimes, le viol, la torture, les atteintes aux espèces animales ou végétales, la destruction des oeuvres d’art, les menaces à l’intérêt général, comme la pollution sont relativisées par ce crime absolu qu’est le meurtre.

La guerre entre pays est un concept peu à part de ce cortège juridique relativement cohérent, la volonté d’un souverain (un roi, un dictateur ou un peuple) lui permet de commanditer le meurtre d’un nombre immense de personnes du pays attaquant et du pays défenseur, en outrepassant l’interdit primordial de l’assassinat.

Aujourd’hui, si on considère la surpopulation humaine comme le premier risque qui pèse sur la planète, pour assurer le bien être de cette espèce humaine, ne faut il pas reconsidérer la mort comme quelque chose d’indispensable, plutot que quelque chose d’impensable ? Ne vaudrait-il pas mieux abréger la vie d’êtres humains, en commençant par ceux qui le souhaitent ? La restauration des équilibres écologiques planétaires est un objectif plus important pour la survie de notre espèce que la santé des populations. On ne doit pas faire peser des menaces supplémentaires sur des habitats ou des espèces naturels plus fragiles que nous au prétexte de notre santé, a fortiori de notre confort.

Les principes de base que la république universelle souhaite faire adopter à l’humanité, respecter la liberté de chacun, équilibrer les libertés dans la justice, organiser une société solidaire sont bien des repères absolus, mais le respect de la vie n’en est qu’une conséquence relative courante.

La préservation globale de la vie sur la planète nécessite la mort d’individus : tous les animaux mangent des êtres vivants ; la plupart des végétaux et la fonge vivent sur les restes des autres êtres vivants qui se mêlent au minéral dans le sol. Pour vivre, il faut donner la mort. C’est une considération toute relative d’équilibre dans les cycles naturels, qui doit guider notre approche. Un chasseur-cueilleur ne tue que ce dont il a besoin pour se nourrir. Trop tuer devient un crime… relatif, par définition.

Ce que nous avons le plus à redouter aujourd’hui, n’est pas la montée des pandémies, mais la continuation des guerres. Ce sont les pandémies qui engendrent le plus de morts, mais à leur suite, l’humanité se reconstruit sans haine ni rancune. Alors qu’une guerre engendre la haine, l’esprit de revanche, d’autres haines et l’instabilité économique et l’injustice sociale.

En ce qui concerne les crimes du quotidien, il faut revoir également la cartographie : tous les crimes qui sont basés sur le mépris des autres, sur une supposée supériorité de naissance, par le sexe ou la race, engendrent des souffrances terribles sur plusieurs générations. Tuer un être humain qui souhaite vivre, qui a des projets et qui n’est pas dangereux pour les autres, reste bien sûr l’atteinte la plus forte à la liberté d’autrui.

Mais qu’en est il du meurtre d’un être vivant inconscient ? un foetus de quelques semaines que ses parents ne désirent pas ? un malade atteint de démence irréversible ? un être humain conscient qui souhaite mourir de toutes ces forces ? Ces questions nécessitent chacune un développement particulier pour y apporter une réponse. Il convient chaque fois de vérifier scrupuleusement chacun des termes, qui sont, eux aussi, relatifs et variables. Mais dans chacun de ces cas, la mort envisagée est moins grave que tous les crimes cités précédemment ou la disparition d’une espèce animale ou végétale sur la planète. Le viol d’une femme est plus grave que son avortement.

La reine est morte, supprimons la monarchie.

Comment des journalistes français, instruits par la république, peuvent ils se répandre en hagiographie sur une reine et un roi ? Ne croient ils pas que les êtres humains naissent libres et égaux ? Elisabeth n’avait que peu de mérite autre que sa naissance. Son immense fortune personnelle, détournée des biens publics, lui donnait l’occasion de participer à la sinistre danse des multinationales.

Arrêtons de nous transformer volontairement en “sujets”, en marionnettes. La monarchie, c’est le règne par la force, le mensonge et la manipulation. Comment un esprit éclairé peut il prétendre que le fils aîné d’un roi, ou le dernier rejeton aprèsles guerres de succession, sera le meilleur dirigeant, alors que toute son enfance, cet enfant aura été gâté par le mensonge de sa supériorité ?

Plus l’attachement est fort à ces faux héros que sont les souverains, plus il faudra imaginer une réaction violente pour s’en détacher, alors que ces pauvres bougres, souvent haïs et victimes d’assassinat par leur propre famille ou des terroristes nationalistes, ne devraient faire l’objet que de notre mépris ou de notre compassion. Seule l’immense communauté des êtres humains doit être souveraine.

Le nouveau complexe d’Oedipe

L’éco-anxiété semble se propager dans le monde riche, et on s’en étonne. Mais le plus extraordinaire n’est pas de s’inquiéter de la disparition de la forêt sur la planète, du changement climatique irrévérsible et de toutes les pollutions qui interdiront à nos enfants et petits enfants une vie saine. Le plus incroyable, c’est que les êtres humains les plus informés du monde actuel et du monde ancien refusent, dans leur grande majorité, de voir que leur espèce s’est conduite toute seule à la catastrophe et que pour y remédier, ils devront changer leur vie.

La haine qui se propage contre les écolos, les gauchistes, les décroissants, les vegan est disproportionnée par rapport aux possibles menaces des soi-disant khmers verts : il ne prétendent pas massacrer les mangeurs de viande, les chasseurs ou les propriétaires de tout terrain, mais souhaitent seulement qu’on controle leur activité.

Pas d’analyse objective ou de construction intellectuelle complexe chez ceux qui se plaignent de l’écologie punitive : il ne s’agit que d’une pensée réflexe, jouant sur des préjugés, des simplifications. Du coup, il est difficile, voire impossible de faire réfléchir ceux qui ont volontairement choisi de s’aveugler, pour préserver leur confort intellectuel et leurs habitudes destructrices.

Pourtant ces habitudes ne sont pas des choix conscients : manger trop de viande, rouler dans des véhicules individuels, beaucoup consommer et ne penser qu’à ça sont des comportements induits du conditionnement commercial, hérités des milliers d’heures où nous avons vu, entendu, où nous avons été imprégnés des publicités mensongères et stupides : double pléonasme ! La majorité des gens aisés associe inconsciemment son niveau de confort à la vérité suprême, du dogme de la consommation et du progrès technologique.

A cet aveuglement écologique se joint une hypocrisie sociale : nous croyons sans le dire que tous les gens normaux vivent en démocratie et que nous sommes très loin, complètement séparés, des ouvriers asiatiques exploités et des journalistes assassinés pour leur droit à l’expression. Ils n’ont qu’à se révolter, ou attendre que le progrès du capitalisme leur apporte la démocratie…

Il est pourtant facile de démontrer que l’abondance des uns est bâtie sur l’exploitation des autres. Autrefois les esclaves ou les ouvriers habitaient à nos portes, aujourd’hui ils sont assez loin pour qu’on les oublie. Il est facile de comprendre que ce modèle est instable et que toute la technologie du monde ne permet pas de reboiser en un an ce que la nature, même aidée du travail des forestiers, a construit en plus d’un siècle. Il est facile de deviner se situe la mauvaise foi et l’intérêt motivant l’hypocrisie entre des scientifiques défendant la nécessité d’une décroissance et des industriels du pétrole et de la chimie se voulant rassurant.

Mais ces évidences intellectuelles sont niées, les scientifiques sont tous des menteurs, ceux qui proposent une autre organisation politique de dangereux idéologues : on préfère se mentir à soi même, s’aveugler. A ce comportement pathologique s’associe donc tout une souffrance cachée : celui qui se ment à lui même sur la décroissance, augmente intérieurement sa culpabilité, l’exagère sans doute. Abreuvé d’informations, de contre-informations, on mange et boit compulsivement, on consomme comme on appuie le pied sur l’accélérateur pour dépasser un obstacle. On choisit une religion, un parti politique qui conforte cet aveuglement et surtout qui fait oublier toute la complexité du monde, pour simplifier, se rassurer. On est près à absorber n’importe quel folle croyance, l’astrologie; le départ des riches dans une autre planète plus verte ou le paradis pour les terroristes tueurs d’enfants, en espérant oublier la culpabilité issue de l’aveuglement.

Mais se crever les yeux n’a rien résolu pour Oedipe. Il nous faut être lucide et courageux pour restaurer la nature, la paix et assurer la survie de tous nos enfants.

Développer les voitures électriques, l’escroquerie du XXième siècle.

C’est une manipulation incroyable, de la part des industriels et des gouvernements : faire passer la voiture électrique pour une amélioration environnementale ! des voitures séduisantes, silencieuses, et soit disant écologiques… Leur construction demande énormément d’énergie, les batteries sont difficiles à recycler, elles demandent des matériaux rares extraits dans des conditions sociales et écologiques scandaleuses, la création et l’entretien du réseau seront chers, la durée de vie des batteries, et donc des voitures très très limitées : l’innovation technologique, qui progresse au rythme des téléphones portables ne permet pas de conserver 20 ans, comme on a pu le faire pour d’autres véhicules, ces voitures à obsolescence programmée. En plus, en France, leur développement va de pair avec le renouveau des centrales nucléaires, dangereuses, extrèmement couteuses, générant des coûts sur les déchets pendant des millénaires, et une augmentation générale des dépenses d’énergie.

La seule solution viable, à 8 MM d’êtres humains, ce sont les transports en commun obligatoires sur certains trajets, le train pour les longs trajets de matérieux, et conserver les vieilles voitures très longtemps pour les petits trajets, en arrêtant d’en construire en grand nombre pour encombrer la planète de déchets… il faut développer les voies ferrées en se payant sur des augmentations de taxes sur les carburant et arrêter d’entretenir les grandes routes.

Cette politique des transports doit être révolutionnaire, et à l’échelle la plus vaste possible pour être efficace. Elle pourrait réussir car plus rationnelle, mais le grand moteur de la voiture individuelle, c’est l’individualisme et le maintien des inégalités sociales. Dans la vie courante, on s’affirme par rapport aux autres par sa voiture. Or celle ci pourrait être conservée comme un hobby pour les déplacements de loisir, ou certains déplacements techniques locaux, elle doit être considérablement limitée dans les déplacements professionnels et tous les déplacements de proximité.

Il faudra aussi inventer une façon plus intelligente de faire ses courses, avec des marchés et des commerçants de proximité, où on va acheter moins de 2 kg de marchandises, et plus de concentration d’hyper marchés et galeries commerciales, d’où l’on repart avec des caddies pleins d’objets inutiles.

La solution sera collective. Ne nous laissons pas imposer ce que nous n’avons pas choisi, ne nous laissons pas appâter par de faux attraits en faisant mourir notre nature sous le poids d’objets inutiles comme ces batteries.

conte de campagne : la falaise

Un type marche sur un sentier au bord d’une très haute falaise. Ca monte, ca descend, il y a des cailloux… pas facile. Un autre type en marche, le rattrape, cherche à le doubler, le pousser, l’empêcher d’avancer… Et ça dure… cinq ans ! alors au bout de cinq ans, notre héros fatigué, irrité, est tenté de se jeter dans le vide, vers marine, vers le nationalisme et peut-être la guerre, qui lui feront oublier ses soucis et ce salaud qui cherche à vous doubler et vous écraser.

le vote ne suffit pas à la démocratie

La république n’a existé dans le temps et l’espace que sur une part mineure de l’humanité. Pourtant, c’est le mode d’organisation de la société qui seul s’oppose à la violence de l’injustive. Un autocrate est injuste par nature : même s’il souhaite le bonheur du peuple, il ne peut lui donner la liberté.

Il y a eu bien des républiques, mais aucune n’a vraiment réussi à équilibrer les libertés individuelles dans l’équité, et encore moins à convaincre de la solidarité universelle. Mais tous les gouvernements qui cherchent à être démocratiques insistent sur l’importance du vote : il faut élire nos représentants, c’est le moyen minimal de nous exprimer. Mais au XXIème siècle, les gouvernants élus triomphent par le populisme, les promesses non tenues, la manipulation médiatique.

Pour obtenir des représentants plus légitimes et plus justes, également plus efficaces, il faut améliorer les lois qui leur permettent d’arriver au pouvoir et d’y rester.

En premier lieu, la vérité du discours et des actes doit être un impératif constant. Un candidat ne doit pas avoir le droit de mentir. Aujourd’hui ils mentent de deux manières : en déformant la vérité des faits passés et actuels et en prenant des engagements qu’ils ne comptent pas tenir. Les discours doivent être assis sur des vérités objectives et vérifiables. Les promesses doivent être tenues. La sanction doit être l’inéligibilité à vie.

Le système d’élections devra permettre accessoirement d’élire des représentants, mais en premier lieu il devra définir une politique, avec des objectifs, des moyens, des actions précises et phasées. Les programmes différents, parmi lesquels les électeurs choisiraient devraient avoir été élaborés par un parti, et ci possible co-construit avec le maximum de sympathisants. Le représentant élu devrait être la voix de ce programme, pas un chef à suivre aveuglément.

C’est le principe du mandat impératif, qui avait été révé par la commune de Paris, il y a plus de 150 ans. Au cours de son mandat, les représentants élus au sein d’une assemblée, auront à exécuter le programme pour lequel ils ont été mandatés. Bien entendu , il faudra l’adapter, l’améliorer, le faire vivre. Mais pour cela ils devront recueillir l’approbation des autres représentants, pour les modfiications mineures, et de la majorité des citoyens, par referendum, pour les modifications majeures.

Le nouveau système doit se protéger contre toute appropriation individuelle du pouvoir : pas de loi, de décret décidé et signé d’une seule personne ; pas de mandat de plus de cinq ans, pas de plus de deux renouvellements. Pour que chaque citoyen soit l’égal en droit de n’importe quel autre, il ne faut donner à un élu que le seul pouvoir de faire ce qui a été décidé par un groupe pour le bien de tous et qui aura été approuvé par la majorité des autres citoyens.

Mais la vérité a aussi besoin de deux moyens pour éclairer notre société humaine : l’éducation publique et la régulation de la communication.

L’éducation publique doit former des citoyens autonomes capables de discerner, parmi la foule d’informations qui leur parviennent, le vrai du faux, capables de distinguer le fait original de son interprétation déformée. Pour cela, il faut à la fois multiplier et recouper entre elles les sources d’informations, e td’autres part les confronter à un système de pensée, une construction intellectuelle cohérente, qui doit être propre à chacun de nous. Cela demande plus de philosophie et de démarche scientifique et logique dans l’apprentissage.

La régulation de la communication doit être faite par une autorité indépendante, pour éviter l’appel à la violence physique, à la haine, à l’aveuglement. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer librement, mais intelligemment : chaque propos, qui peut être caricatural, doit être remis dans son contexte par le medium de communication où il est diffusé.

La vérité peut paraitre insaisissable, mais elle doit etre le seul objet de notre quête intellectuelle. Les jeunes, par paresse, les vieux par confort intellectuel, plongent dans le déni, les idées qui confortent l’égoisme de nos comportements : les étrangers, les pauvres sont dangereux, les riches sont merveilleux, un héros viendra nous sauver, le climat va s’arranger, la nature n’est pas en danger, il y aura de la place pour tout le monde, tant qu’il y en a pour moi. Il faut une révolution des consciences, dans l’école et les media pour apprendre à affronter puis aimer la vérité.

une révolution tranquille pour une république universelle