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La souveraineté est un mauvais argument

La souveraineté est invoquée ces derniers temps, par les intellectuels de droite et de gauche pour « défendre nos valeurs » et lutter contre les délocalisations sauvages de l’ultralibéralisme.

Or le concept de souveraineté est celui-ci : les nations font ce qu’elles veulent chez elles, elles n’ont pas à se justifier pour imposer ce qu’elles souhaitent sur le territoire… Ce raisonnement se rapproche de celui de chaque individu, qui souhaite pouvoir faire ce qu’il veut chez lui et se justifie par la liberté fondamentale. Mais comme chaque fois qu’on individualise un collectif, on déforme la vérité et on fausse l’argumentation.

C’est le concept de souveraineté qui a ruiné l’internationalisme : les lois d’un pays ayant plus de poids que les universels droits de l’homme, la paix n’a jamais pu être obtenue par la Société des Nations ou l’Organisation des Nations Unies.

Si les déolocalisations constituent une injustice, si importer des produits de Chine est un mal qu’il faut supprimer, ce n’est pas au nom de la souveraineté de la Frrrance, ou des USA, mais au nom de valeurs universelles : en Chine, comme dans beaucoup d’autres pays pauvres, règne une dictature ; les grandes entreprises y sont dirigées par d’anciens dirigeants du parti communiste au pouvoir, les employés n’y ont pas de droits syndicaux ; la nature y est sacrifiée au développement, même si la tendance s’infléchit un peu, compte tenu des dommages directs des pollutions.

Il faut refuser d’acheter des produits venant de dictature, ou construit sans respect de la nature et de l’équité, qu’ils viennent de Chine, du Brésil ou même d’Europe ! Ce n’est pas facile pour un individu : la plupart des vètements, des ordinateurs, des matériaux viennent de tels pays ; les autres produits sont plus chers. Mais cela doit au moins nous conduire à limiter ces achats et cibler les filières respectueuse de la nature et des droits de l’homme. Cela doit être clarifié dans les principes des démocraties : le protectionnisme et le souverainisme sont des attitudes primaires : il faut échanger avec ses voisins, en particulier tous les produits qu’ils peuvent faire, du fait de la spécificité de leur terroir et de leur culture, et qu’il nous est difficile de réaliser. Ne refusons pas les importations pour des raisons nationalistes, mais pour des raisons universelles.

Les démocraties doivent clairement refuser d’importer des produits fabriqués sans respect des droits de l’homme et de la nature. Ils doivent eux mêmes les produire ou les remplacer. ils doivent également ouvrir leurs frontières aux habitants de ces pays qui souhaitent ne plus vivre en dictature.

Mourir de maladie est il si grave ?

A titre individuel, ce qui est le plus important, n’est pas d’éloigner ou de ralentir une mort inéluctable, mais de bien remplir sa vie et celle de ces proches d’amour et de bonheur et de faire œuvre utile au monde. Mais c’est le devoir de chacun d’éviter toute mort prématurée, qui empêcherait justement de remplir sa vie. C’est pour cela qu’il est capital de protéger ses enfants, d’éviter les accidents et de soigner les malades. Mais l’exercice de la médecine, fait l’objet de débats légitimes, notamment quand on applique des traitements douloureux à des personnes dont la durée naturelle de vie est limitée.

Au niveau d’une population, des choix sont faits, le plus souvent de manière non explicite, pour économiser l’effort de soins vis à vis des personnes à durée de vie limitée. En Europe, on consacre des milliards à augmenter la vie en mauvaise santé de personnes à bon niveau de revenu, mais les services d’urgence demandent l’âge des malades et ne se déplacent que rarement pour les plus vieux. Dans les pays pauvres, l’effort pourrait être concentré sur les plus jeunes, mais les moyens manquent déjà pour une prévention sanitaire de base. L’effort est concentré sur les riches privilégiés. Près d’un quart de l’humanité n’a pas accès à l’eau potable et l’assainissement, on dénombre 100 000 morts du choléra. On sait qu’une augmentation des moyens financiers réservés à la prévention sanitaire diminuerait les accidents et les maladies, et pas seulement dans les pays pauvres. La réduction des moyens hospitaliers en France, ces dernières années, s’est faite pour des motifs économiques assumés, et visiblement partagés par une population qui vote pour des gouvernements du centre gauche à centre droit qui pratiquent plus ou moins l’austérité budgétaire depuis plus de 30 ans.

D’autre part la démographie est elle aussi un sujet philosophique et politique essentiel : la surpopulation est un des facteurs les plus importants du déséquilibre écologique et politique de la planète. Mais chaque enfant à naître ne pourrait-il vivre une vie formidable ? De nouveaux petits Mozarts, Pasteurs ou Mandelas ne sont-ils pas empêchés de vivre par les politiques qui limitent volontairement la démographie ? Si en France nous sommes loin de la surpopulation, la planète l’est globalement. Et la France refuse d’accueillir de nouveaux migrants, qu’on laisse mourir ou survivre dans des conditions atroces, internés dans des camps… Le taux de mortalité d’une pandémie n’est il pas une solution pour  » faire de la place  » ? Ce moyen n’est il pas moins injuste que la politique de l’enfant unique en Chine, l’avortement des embryons féminins, la fermeture des frontières aux réfugiés ? Néanmoins, ce sont quand même dans les groupes de populations les plus pauvres qu’on trouvera le plus de décès dus à l’épidémie. En Afrique, la grippe au COVID-19 va s’ajouter au SIDA, à la tuberculose et à la malnutrition et entraînera forcément des ravages, qui ne viennent que de commencer. Il faut bien sûr lutter contre cette pandémie.

Mais le COVID-19 a entraîné dans tous les pays riches, pour la première fois dans l’histoire, des mesures exceptionnelles concernant la totalité de la population et créé une psychose comparable à un temps de guerre, alors que les dommages subis sont ridiculement faibles par rapport à la situation des pays en guerre ou des camps de réfugiés politiques, climatiques et économiques. La première question que l’on peut se poser est donc « le confinement généralisé est-il une mesure proportionnée aux risques de l’épidémie?« .

Il a été dit et répété, pendant les premiers mois, que cette grippe n’était dangereuse que pour une minorité de la population, les plus vieux et les plus fragiles. Mais depuis, de nombreux cas sont venus montrer que l’épidémie pouvait concerner aussi des adultes en bonne santé, mais cela reste vrai statistiquement. Les mesures les plus immédiates devaient donc être ciblées sur les personnes fragiles, pour les obliger à rester chez eux, en organisant leur approvisionnement et leur visite. Les soignants et les aidants, en général déjà formés à ces mesures, devaient être dotés de masques de protection et de gel : c’était d’ailleurs le cas dans bien des structures, qui l’avaient anticipé pour la grippe ordinaire, mais ce n’était pas le cas de la majorité des établissements de santé, du fait de l’incurie de certains et de la pénurie générale de moyens. Pour le reste de la population, on avait le choix entre, a minima, une sensibilisation à la distanciation sociale et le confinement généralisé. C’est cette solution ultime à laquelle nos gouvernements sont arrivés, assez rapidement, alors que le nombre de morts était encore très inférieur à celui des accidents de la route.

La motivation sanitaire, d’après les épidémiologistes, est de ralentir l’avancée de l’épidémie, pour que les hopitaux ne soient pas trop saturés. Sans confinement, le nombre de personnes atteintes est très vite atteint. Mais aucun expert ne peut assurer que le confinement va diminuer la hauteur du palier. Le temps de « rattrapage » de la courbe n’est pas bien estimé, il varie selon le virus et les pratiques de la population avant et pendant le confinement.

Une autre stratégie était possible, avec la théorie de l’immunité collective, que les Pays-bas et la Grande Bretagne avaient un temps adoptée, que la Suède soutient toujours, avec pour le moment, moins de morts, proportionnellement à sa population, qu’en France. Ne faut il pas que nous soyons globalement exposés aux différents virus pour que notre population apprenne à résister ? Ce processus évolutif élimine ceux qui ne s’adaptent pas. Quoiqu’il en soit, dans les pays confinés, la maladie progresse toujours ; l’exemple de la Chine laisse espérer qu’elle atteindra un plateau et diminuera, mais en quoi le confinement a t il vraiment aidé à atteindre ce palier ? Ces mesures empêchent la propagation, mais rien ne tue le virus : ne reviendra-t-il pas dés la levée des mesures ? Si on doit faire feu de tout bois, utiliser toutes les solutions, pourquoi hésiter à produire la nivaquine, médicament peu cher, et à l’administrer sous surveillance médicale ? Serait-ce parce que les industriels y gagneraient moins qu’avec un nouveau médicament ? Les contre-indications ? Le confinement généralisé a bien plus de contre-indications sanitaires et sociales: les personnes isolées, par leur handicap ou leur situation familiale sont déprimées, l’arrêt de travail forcé risque de faire perdre leur emploi à des milliers de personnes, dont la détresse psychologique va augmenter avec l’impossibilité de chercher un emploi durant le confinement ; les stages de fin d’étude sont arrêtés au beau milieu, les étudiants ont encore moins d’espérance pour leur premier emploi, les médecins et les hôpitaux reçoivent beaucoup moins de patients pour d’autres cause que la pandémie, ce qui diminue la prévention d’autres maladies. Les vieux meurent seuls, sans le soutien de leur famille, cloîtrés dans leur chambre d’hospice. Les vagabonds, les migrants sont encore plus rejetés et exclus.

Une bonne partie des mesures prises n’est pas efficace. Par rapport aux arrêtés sécheresse pris chaque année par les préfectures de France, cadrés par une série de textes, aux impacts évalués et discutés par de nombreux comités d’usagers, les mesures sanitaires semblent avoir été décidées par un sous préfet parisien, tout juste sorti de l’école nationale d’administration. Pourquoi, les 10 premiers jours ne pouvait on se promener à deux du même foyer ? Que risquent vraiment des randonneurs pour qu’on leur interdise la nature, en respectant les distances de sécurité, alors qu’ils peuvent se faire infecter en retournant chercher quatre fois dans la même journée des nouilles et du papier hygiénique au supermarché ? Pourquoi ne pas être plus explicite et cohérent sur la distance de sécurité à respecter avec les autres dans la rue les transports ou les magasins ? Pourquoi ne pas définir clairement les mesures de diagnostic du virus, et les mesures à adopter en conséquences ? Actuellement, des personnes ayant partiellement les symptômes sont laissées chez elles ou dans leur établissement de soin, sans diagnostic précis ni aide adaptée. Si ces mesures qui limitent la liberté d’aller et de venir ne sont pas efficaces, elles sont donc abusives!

De plus, le cadrage légal de cette restriction abusive des libertés a été intégré à une loi, qui pourra être reprise ultérieurement, pour dans une période troublée, interdire tout rassemblement sous couvert de santé publique. La sécurité de la population a été clairement mise en dessous de la liberté des citoyens dans l’échelle des valeurs de la cinquième république française. Mais les expatriés du monde entier qui ont souhaité en grand nombre être rapatriés ont démontré, à leur corps défendant, combien les préjugés nationalistes étaient stupides : pourquoi réinfecter son pays si on est malade en Chine, alors que les chinois ont expérimenté les traitements adaptés ? Pourquoi quitter un pays d’Afrique où l’épidémie ne s’est pas dévelopée, pour rejoindre Paris où elle est virulente ? Nos vieilles démocraties sont en train de se racornir lentement dans l’égoïsme, la culpabilité et la haine.

Le confinement aura été efficace sur deux points inattendus : il a laissé le nombre de morts sur la route, et a fait diminuer la pollution. Mais pour diminuer les morts sur la route (3500 morts/an en France, un chiffre du même ordre que celui des morts dus au COVID-19) il n’était pas question d’arrêter l’économie. Obliger les gens à aller en train ou en transport en commun dans nos grandes villes contribuerait davantage à la santé publique que le confinement, et coûterait moins cher, pourtant, on refuse de l’envisager.

Le coût économique direct est déjà énorme, avec l’arrêt de l’activité de production pendant plus d’un mois, cela correspond au moins au 12ème du PIB des pays riches. Il faut comparer le coût de cette mesure de précaution destinée à éviter des milliers de morts, avec la possibilité d’en éviter des centaines de milliers en consacrant l’équivalent de ce coût à l’assainissement et l’eau potable ou à la mise en sécurité de pays dévastés par la guerre civile ? N’est il pas indécent de voir que le confinement a été décidé rapidement par des politiques poussés par les media, devant la peur de la population, et surtout la peur d’être mal jugés, alors que des mesures bien moins coûteuses mais bien plus efficace contre la mort et la souffrance sont bloquées par l’inertie internationale depuis 1945 ?

Les mesures économiques consistent à indemniser des pertes des entreprises dues à des interdictions et à prendre en charge le chômage induit. Le financement de ces mesures est prévu sur les budgets des États, avec un peu de solidarité inter-européenne. Il a été envisagé, puis repousser de diminuer les dividendes des actionnaires des sociétés à aider. Ces mesures sont prises à crédit. Les gouvernements seront encore plus aux mains des banquiers, pour tout le siècle à venir. La dette des pays est un scandale : un État doit tirer ses moyens du travail de ses citoyens et si nécessaire, prendre à ceux qui ont trop pour donner à ceux qui n’ont pas assez. C’est bien à la république d’estimer ce  » trop « . Or en préservant les richesses des privilégiés tout en obligeant la majorité des citoyens à arrêter leur travail légitime, les États qui ont choisi le confinement augmentent les injustices sociales.

Qu’aurait il fallu faire ? Mon propos n’est pas de considérer les gouvernants des nations du monde entier comme des incapables, ils cherchent de bonne foi à sauver des vies. Mais emportés par le système, ils n’ont pas forcément pris les meilleures décisions. S’il faut accepter des pertes humaines sur le front des maladies, il ne faut pas nous y résigner : notre société doit augmenter à l’amont les moyens des systèmes de santé et prédéfinir des protocoles cadres de gestion de crise. Ces protocoles doidnvent contenir les mesures sanitaires, mais aussi économiques et sociales, graduées suivant le niveau de crise et ces mesures doivent avoir été concertées avant la crise. Il faudra aussi doter chaque région des moyens d’assurer son autosuffisance, en cas de rupture des liens avec les autres régions. Cette politique de prévention sanitaire doit aller de pair avec un rééquilibrage des échanges économiques. Chaque région doit pouvoir survivre sur ses propres ressources et bien vivre grâce à des échanges équitables avec ses voisins. Il faudrait également mieux organiser le dépistage, la collaboration internationale des chercheurs et des autorités sanitaires, sensibiliser rapidement les populations à la distanciation, adopter une communication internationale transparente. Nous aurons d’autres pandémies, pas forcément avec cette configuration… Serons nous davantage préparés ? Tant que perdureront les politiques nationales contradictoires, les seuls accords se feront pour tolérer l’injustice. Le confinement a une énorme vertu : en arrêtant la société, il aura donné le temps à chacun de réfléchir à ses vraies valeurs.

Il reste maintenant à mettre en commun ces réflexions, et mener à une révolution de notre société qui nous permettra d’être plus solides vis à vis des grands dangers qui nous menacent, parmi lesquels les pandémies ne sont qu’un élément secondaire : l’injustice sociale, la haine, la xénophobie et la guerre. Il faut continuer à lutter par le travail et les échanges pour une société universelle plus juste et plus solidaire.

Pour une education citoyenne

Dans le système scolaire français, les programmes du primaire et du collège sont basés sur la notion de moyen. L’objectif pédagogique, c’est de permettre à l’élève d’acquérir les savoirs et les savoirs-faire qui lui permettront de s’intégrer à la société. Mais devant l’immensité des savoirs, cette éducation n’a pas de fin, ni d’objectif précis. Pour nos enseignants, il faudrait, comme eux, passer toute sa vie à l’école….

Cette vision a des vertus, notamment grâce à l’apprentissage de la lecture et du calcul, l’élève apprend peu à peu à être autonome, à penser tout seul. En utilisant les bibliothèques ouvertes de la république, il peut ensuite se forger tout seul une philosophie, un savoir, même s’il a quitté le système scolaire.

Mais cette éducation est déficiente car à l’adolescence les enfants sont pour la plupart dépourvus de conviction citoyenne. Les valeurs des droits de l’homme, ou encore celles de l’environnement leurs sont plus ou moins enseignées comme une teinture, une mode intellectuelle. Ce vernis peut éclater quand la situation sociale locale empire et fait se dégrader les conditions de vie des jeunes, ou lorsqu’ils sont confrontés à une injustice à laquelle ils n’étaient pas préparés. Les partis populistes, les sectes, les extrémistes religieux apportent des solutions simples et recrutent facilement des fanatiques parmis une population d’agneaux.

Le système éducatif actuel enseigne aux enfants comme on imbiberait une éponge : on les plonge dans un liquide amniotique de savoirs variés, dont ils se remplissent passivement. Il faut au contraire leur construire une vision de la vie autour de valeurs universelles indiscutables. Par souci d’objectivité, les professeurs, ou les journalistes, ne veulent pas s’engager, ni prendre parti. C’est compréhensible, quand on se souvient de l’école de la troisième république, qui manipulait les petits français pour leur donner la détestation des nations ennemies. Mais c’est inefficace.

Liberté, égalité et fraternité sont des valeurs universelles, qui sont partagées spontanément par la plupart des humains qui réfléchissent sur leur condition et sur leur rapport aux autres humains. Mais ce sont des valeurs complexes, des forces contradictoires qu’il faut équilibrer (ma liberté doit s’arrêter quand elle s’attaque à celle de mon voisin, mon égal…). Les discours raciste, xénophobe ou sexiste, comme le discours hypercapitalistes sont volontairement plus simples et surtout confortent davantage l’intérêt égoiste de chacun. Les autres me sont inférieurs, je peux continuer à en profiter si je suis puissant, je peux chercher à les soumettre si je suis misérable.

L’école primaire doit apprendre aux enfants qu’ils sont des humains semblables, mais différents. Elle doit apprendre le respect, mais aussi enseigner l’histoire des injustices et des violences. Chaque matière doit être un moyen pour atteindre ce but, la citoyenneté. Les raisonnements logiques du calcul puis des mathématiques doivent permettre de comprendre la différence entre l’équité et la simple égalité. L’apprentissage de la langue principale et des autres langues doivent permettre à chaque enfant à comprendre et à être compris, à s’exprimer et à écouter les autres : ses camarades de classe comme les grandes voix du passé. L’histoire doit rappeler toutes les grandes injustices, les tyrannies, en les opposant à la recherche de la liberté et de l’égalité dans l’avénement des démocraties. La géographie et les sciences doivent permettre d’améliorer, de la maternelle au collège, notre perception de la nature, de notre environnement et de l’univers, la difficulté qu’il y a à comprendre ses lois, la recherche de la vérité et de l’objectivité avec le raisonnement scientifique, les hypothèses, les preuves et l’amélioration des théories. L’apprentissage des arts doit permettre de comprendre l’universalité humaine, sa diversité, sa fragilité et sa grandeur. Le sport doit permettre aux enfants de se confronter dans le respect, de situer leurs qualités et leurs défauts naturels, leur inculquer l’esprit d’équipe et leur prouver qu’ils peuvent progresser par l’effort.

A chaque occasion, l’enseignant doit faire prendre aux élèves une distance sur ce qu’ils ont appris, pour accrocher les savoirs nouveaux aux valeurs universelles permettant de vivre en société, comme des muscles autour d’un squelette moral. Nos enfants seront confrontés à l’injustice sociale, à la guerre : il faut armer leur esprit pour comprendre et résister.

L’école, jusqu’à l’adolescence doit être structurée autour de ce but : former des citoyens. L’enseignement professionnel, à partir de 14 à 16 ans, doit ensuite apprendre un métier à tous les jeune, avec des matières différenciées suivant les gouts et les possibilités de chacun. L’université doit ensuite permettre à chaque citoyen, quel que soit son âge, d’apprendre ce qu’il souhaite pour élever sa compétence ou simplement se cultiver.

glyphosate cache misere

On va lentement vers une interdiction du glyphosate en France. Le plus grave dans cette évolution, c’est que l’on concentre le discours sur cette matière active. Or cet herbicide est dangereux pour la santé, mais sans doute beaucoup moins que les autres herbicides alternatifs que tient prêts l’industrie chimique, bayer/monsanto en tête. Les nouvelles matières actives sont des molécules plus petites, bien plus difficiles à détecter que le glyphosate, et dont les effets nocifs seront encore plus compliqués à mettre en évidence et plus longs à dissiper. Les nano particules associées aux pesticides sont déjà présentes dans notre environneement et vont encore augmenter.

La seule bonne solution réglementaire c’est d’interdire progressivement et universellement tous les herbicides, en menant de pair une vraie révolution technique. Cette révolution devra être aussi sociale et économique, car il faudra, et ce sera une chance pour l’humanité, plus de main d’oeuvre pour l’agriculture.

C’est le contraire du modèle productiviste, où l’on souhaite un agriculteur pour 1000 ha, chargé de faire de la monoculture d’exportation. Il en faut un à l’hectare, qui devra évidemment être pluri actif et produire pour ses voisins. Les productions d’exportation doivent être marginalisées, au moins pour la surface qui leur est consacrée.

Sans cette révolution mondiale, à mettre en oeuvre sans attendre pour sauver l’humanité, les réglementations sanitaires adoptées dans un seul pays riche sont hypocrites et inefficaces.

de Ravaillac au voile islamique

Le 14 Mai 1610, Ravaillac, un fanatique religieux, manipulé par le clergé ultra catholique, assassinait Henri IV, probablement le meilleur roi que la France ait subi. Le premier mérite de ce souverain original est d’avoir mis fin à une longue guerre de religion qui avait ensanglanté une bonne partie de la France pendant près de quarante ans. Quatre siècles après, les fanatiques religieux existent toujours, ils assassinent surtout des personnes sans défense, dans des mosquées souvent, des écoles ou des églises. Mais ce sont les islamistes qui les manipulent.

Les ultras de toutes les religions, y compris des religions athées comme l’était le stalinisme ou le maoisme, font croire à leurs adeptes que la parole de dieu ou du prophète sort de leur propre bouche : ils doivent leur obéir, sans chercher à comprendre ou à discuter. C’est tellement simple : on peut prêcher n’importe quel discours sans chercher à le rendre logique ou à le justifier. Lorsqu’ils ont pu convaincre une majorité, à une échelle restreinte, dans un quartier ou une ville, ces ultras insistent avant tous sur le respect absolu des apparences, petits signes de soumission, faciles à comprendre et contrôler : interdits alimentaires ou vestimentaires, pratiques religieuses ordinaires. La majorité des « cons-vaincus », est ravie de dénoncer les « rebelles », de fustiger le comportement de ceux qui ne respectent pas à la lettre ces coutumes. Cela leur donne bonne conscience, leur permet d’oublier leurs propres déficiences, par rapport aux exigences de leur conscience sur les actes vraiment importants.

C’est évidemment contraire à l’esprit des religions : le jeûne, l’abstinence, la chasteté sont des sacrifices volontaires qu’on offre à Dieu et qui n’ont de sens que s’ils sont librement consentis. Ils ne prennent de valeur que lorsqu’ils résultent chaque fois d’un choix délibéré. Suivre une pratique religieuse comme une mode ou une obligation sociale ne peut plaire à Dieu, s’il existe et ne peut alimenter une recherche spirituelle.

A une échelle plus large, lorsque les extrémistes religieux ont pris le pouvoir, ces pratiques sont inscrites dans une loi et des punitions officielles sont prévues. Evidemment, la majorité des interdits ne concernent qu’une partie de la population. Les femmes, ou les non croyants, sont ainsi réduits à des êtres humains inférieurs en droit. Cela renforce le pouvoir et flatte l’orgueil des hommes, qui se targueront de leur religiosité pour mieux opprimer leur femme, leur fille, leur voisin ou l’étranger. La religion dans les états non laïcs est pervertie par la minorité dominante pour asseoir son pouvoir politique et sa domination économique et sociale.

Au temps d’Henri IV, l’hypocrisie consistait à aller à la messe, sous peine de passer pour un hérétique. On pouvait être jugé et condamné, ou assassiné lors de troubles urbains, pour de tels manquements. Aujourd’hui, dans les pays dont la loi est inspirée par l’islam, le port du voile est obligatoire pour les femmes. Toute une série d’obligations ou d’interdictions les soumet, non pas à Dieu, mais à leur mari ou à la brute qui passe et se croira autorisé à les insulter, parfois même à les violer.

Ce phénomène existe, dans une moindre mesure, dans les quartiers de banlieue d’Europe où une forme rétrograde et violente de l’Islam durant ces vingt dernières années est venue s’imposer à des populations d’origine musulmane, en réaction à l’exclusion sociale d’une forte proportion des enfants et petits enfants d’immigrés. Une pression sociale existe dans ces quartiers pour que les femmes portent le voile, pour que tous respectent le ramadan et les interdits alimentaires. Beaucoup pratiquent par conformisme ou pour ne pas être l’objet de remarques désobligeantes ou d’insultes. Certains se placent du côté des ultras pour être du côté du manche, au moins dans leur quartier.

Il est triste qu’on se moque d’une femme qui porte le voile, si elle conçoit ce voile comme un don à Dieu. Mais il est bien plus grave qu’on oblige une femme à se voiler, qu’on impose quoi que ce soit aux femmes qu’on ne s’imposerait pas aux hommes. Il est encore plus condamnable qu’une femme soit soumise à son mari par une loi ou par un conditionnement psychologique et social. Il ne faut pas interdire le port du voile, mais combattre l’obligation de le porter pour les femmes.

Les religions et toutes les quêtes spirituelles ne peuvent s’épanouir profondément que dans la liberté et l’égalité : on doit être libre de pratiquer ou de ne pas pratiquer, sans avoir à se cacher, et sans chercher à contraindre son voisin. C’est le seul chemin vers la paix.

les nations n’existent que pour la guerre.

Le concept de nation a été créé par les autocrates qui voulaient asseoir leur emprise sur leurs sujets et dominer leurs voisins. En effet, dés que les communautés ont été plus grandes que les cités, il a fallu les unir par la force. Pour faciliter l’union, on a créer des liens plus ou moins utiles (monnaie, lois, infrastructures…) et artificiels : nous devons nous unir pour nous défendre d’un envahisseur, ou pour montrer à nos faibles voisins que nous sommes les plus forts. Avec l’idée de nation, on a recruté et motivé des soldats à moindre prix, on a pu se défendre, certes, mais aussi envahir, occuper et coloniser. Ce concept domine encore l’organisation interne de chaque pays. Il justifie le rejet des migrants. Mais il domine aussi l’organisation « internationale », dont le premier principe n’est pas l’universalité des droits de l’homme, mais celui du maintien des frontières telles qu’elles ont existé à un moment arbitraire de l’histoire. La paix durable et la construction d’un monde meilleur nécessitent de lutter pied à pied pour l’abolition des nations. La France, l’Angleterre, l’Allemagne et toutes les nations du globe doivent disparaitre du paysage politique. Il faudra conserver des unités administratives et des cultures (le français, l’allemand, l’anglais, toutes les langues doivent vivre !). Mais tous les humains qui voudront passer de l’une à l’autre doivent pouvoir le faire librement.

Le service public n’est pas un guichet…

Les derniers gouvernements français parlent régulièrement de redéfinir le service public, sans y arriver. Leur but avoué est de restreindre le nombre de fonctionnaires. Mais ces termes, qui sont justement  » à redéfinir « , sont compris de façon très variable par nos concitoyens. Les deux acceptations péjoratives suivantes sont courantes dans l’inconscient collectif des français de 2019 : le service public est un guichet où on attend pour être mal servi ; les fonctionnaires sont ceux qui sont payés à ne rien faire de l’autre côté du guichet. Revenons aux fondements de notre société, pour mieux comprendre le vrai sens de ces mots.

Le premier concept républicain est celui de liberté individuelle. La seconde idée, qui fonde notre société est celle de devoir organiser la liberté des uns et des autres. Il faut en premier lieu éviter qu’un individu n’entrave la liberté d’un autre pour exercer la sienne. Cette organisation passe par la définition de règles communes : les droits et les devoirs. L’égalité porte sur les droits, la solidarité sur les devoirs. Mais ces règles ne permettent pas, à elles seules, de faire vivre ensemble des millions de personnes. L’organisation de l’activité des citoyens libres nécessite de distinguer deux types d’activité :

  • les activités qui sont faites dans un but personnel, autrement dit d’intérêt particulier, par chacun au gré de ses envies pour satisfaire ses propres besoins ou par un groupe d’individus en nombre limité, pour la satisfaction de leurs besoins réciproques ; les échanges de biens et de services sont libres entre les parties et constituent la partie privée de l’économie de notre société
  • les activités qui sont faites, pour bénéficier à toute la société, autrement dit missions d’intérêt général. Ces missions se répartissent en thèmes (justice, instruction, santé, territoire et culture). Pour exercer ces missions d’intérêt général, on peut distinguer des types de responsabilité : les postes chargés de l’organisation générale de la mission, du contrôle et de la protection directe, de la création de biens et de services communs, en comprenant les générations à venir dans cette communauté d’usagers indistincts. La création d’infrastructures, l’école et l’université sont clairement des services publics.

Ce service public sera payé principalement par la communauté toute entière, au titre de l’impôt. Une participation peut être demandée à l’usager, pour modérer l’usage de ce service, mais dans la mesure où cette participation ne paye pas l’intégralité du service et que ce service n’est pas rendu par l’employé du service public pour obtenir ce paiement, la rétribution de ce service est fondamentalement différente de la vente de biens ou de services privés. Autrement dit, quand vous achetez du pain à la boulangerie, vous payez l’intégralité des coûts majorée d’un bénéfice au boulanger. Quand vous utilisez un service public, par exemple, dans notre système français, l’hôpital, l’école, l’opéra ou le train, vous ne payez pas l’intégralité des coûts. A l’hôpital, vous ne payez pas de façon directement proportionnelle aux frais de soin de votre maladie.

Doivent être fonctionnaires ceux qui exercent ces activités de service public en toute compétence, en toute conscience et en toute responsabilité. Ils doivent avoir une formation spécifique qui leur permet à la fois d’acquérir toute la connaissance technique et juridique et de se forger un sens de l’intérêt général et du long terme. Cette formation et cette sensibilisation doit se traduire par un diplôme leur permettant d’accéder à un type de poste. Ce poste doit avoir été obtenu par leur mérite et non par le favoritisme d’un puissant. Pour cela, une sélection par concours avant la formation et une sélection par une commission neutre avant changement de poste restent les meilleures garanties. Pour pouvoir exercer leurs missions en toute objectivité, ils doivent être protégés des pressions, exercées par des privés puissants ou des supérieurs hiérarchiques eux mêmes moins scrupuleux. Cette protection doit prendre deux aspects : une rémunération suffisamment gratifiante, correspondant au niveau de responsabilité, sans qu’il soit nécessaire de recourir à d’autres sources de revenu et un statut empêchant les sanctions, licenciement pour des raisons économiques ou disciplinaires mal justifiées. En contrepartie, le fonctionnaire a des devoirs ; en particulier, il devrait s’engager à ne pas exercer d’autre activité dans son domaine de compétence, pendant et après l’exercice de ses missions. Il est souhaitable que les fonctionnaires aient préalablement travaillé dans le privé, dans le même domaine technique, pour acquérir une expérience ; mais ils ne doivent pas pouvoir quitter leur poste pour travailler ensuite dans une entreprise privée. Cela évite tout conflit d’intérêt. Il est souhaitable également que les fonctionnaires en charge du contrôle ou à des postes clés, soient en doublon, avec un apprenti fonctionnaire, par exemple, ce qui concourt à leur objectivité, en les obligeant à expliquer et justifier leurs décisions, leur méthode.

Ces missions et ces responsabilités nécessitant absolument des fonctionnaires sont détaillées au tableau ci-joint .

Typologie politique II – les cercles

Reprenons l’idée que la politique oscille entre deux pôles :

  • celui du nationalisme, basé sur l’idée de force de la nation soumise à un chef, et de la compétition individuelle et internationale comme moteur
  • celui de l’humanisme, basé sur un idéal démocratique étendu à l’humanité toute entière, où la justice équilibre les différentes libertés.

La réalité des gouvernements se place hypocritement plus ou moins entre les deux.

Les illustrations suivantes (ici au format pdf), schématisent ces systèmes. Pour juger du système en place, on peut rechercher les différents moteurs faisant tourner le cercle politique dans le sens vertueux d’un progrès vers l’humanisme ou l’enfermement dans le nationalisme.

Pour un nouveau fonctionnement démocratique

Dans toutes les démocraties du monde, mais c’est particulièrement vrai en France, on choisit d’avantage un homme que des idées. Dans le cas d’un scrutin à deux tour, on vote même surtout contre le finaliste qui nous fait le plus peur. Le vainqueur a ensuite toute latitude, dans les limites de la constitution et de la durée de son mandat, pour exercer le pouvoir comme il le souhaite, sans se justifier particulièrement vis à vis de ses électeurs. Il espère être réélu de la même façon, contre son adversaire et passe plus de temps à stigmatiser celui-ci qu’à justifier la non application de ses propres promesses.

Les scrutins proportionnels en un seul tour n’évitent pas vraiment ces écueils : les représentants des partis élus ont fait campagne sur des propositions qui n’ont pas de majorité absolue pour être mises en oeuvre. Pour gouverner, les partis élus doivent s’allier. Ne sont alors mises en œuvre que leurs propositions consensuelles. Les propositions originales, novatrices ne sont jamais partagées entre les partis alliés et ne sont pas mises en oeuvre. 

C’est ainsi que les démocraties occidentales, soumises en parallèle au pressions financières et idéologiques des hypercapitalistes, au niveau national et européen, ont mis en œuvre une politique de plus en plus libérale et de moins en moins sociale, quelles que soient les réformes promises.

Ce n’est pas une fatalité, la proposition suivante serait de nature à recréer une meilleur adéquation entre les électeurs et les gouvernants : on ne doit plus voter pour des hommes manipulateurs d’idées, mais pour des propositions concrètes, portées par des représentants. La constitution doit ensuite obliger ces représentants à les mettre en œuvre. Les partis doivent, pour chaque élection, proposer un programme contractuel, avec une étude de faisabilité et d’impact, à l’image d’un projet industriel. Selon les modalités suivantes d’élection, notamment un scrutin à deux tours, il faudrait laisser le temps aux partis qui souhaiteraient s’allier, pour recomposer un programme composite, mais également faisable avec un impact évalué. Seules les lois qui seraient prévues dans ces programmes, et qui auraient donc été soumises au vote de tous les citoyens, pourraient être mises en œuvre. Le suffrage universel doit être réservé aux lois et ne doit plus porter un surhomme au pouvoir.

Il faut bien sûr creuser cette idée, la discuter, l’améliorer, mais elle donnerait un peu de logique, de cohérence et d’honnêteté à nos démocraties qui en manquent cruellement.

Un juste combat ?

Gilets jaunes, ou manifestation féministe, guerres en Syrie, actes terroristes, sans parler des simulacres sportifs. La violence peut elle être juste ?

Combattre, s’est lutter ensemble. Pour un juste combat, il faut d’abord partager un objectif avec ses compagnons de lutte. Cet objectif peut être conjoncturel, et se réduire à se défendre contre un ennemi commun, mais pour s’entraider loyalement, il vaut mieux être clair sur ce qui se passera après… De ce point de vue, ni les gilets jaunes, où seule la colère est partagée, ni les printemps arabes, qui n’ont aucune plate forme commune, ne peuvent durer contre un ennemi trop fort.

Se battre ensemble contre une injustice identifiée, comme les manifestations féministes actuelles, c’est bien, mais ça ne suffit pas à définir un objectif plus juste. Il faut s’être entendu sur des propositions apportant plus de justice, au moins sur un point précis ; et ces propositions doivent être précises pour être applicables. Le mouvement des droits civiques, en Amérique était assez clair : abolir les inégalités législatives des états, en contradiction avec les textes fédéraux fondateurs. En laissant subsister les inégalités sociales, il s’est néanmoins révélé impuissant à changer la société en profondeur.

Enfin, un combat juste doit aussi se contenter de moyens dignes : des actions dirigées contre les vrais ennemis sans porter atteinte aux innocents, pas de violence physique contre les personnes, sous réserve de légitime défense, pas de torture, pas de mensonge. Seules des victoires acquises ainsi, par des combattants non violents unis par des valeurs partagées, en nombre très supérieur à celui de leurs oppresseurs, pourront établir la paix, sans relancer l’esprit de revanche, la vengeance et la haine.

Ce n’est pas en empêchant des gens ordinaires de se déplacer, de travailler, alors que les responsables visés ne sont pas inquiétés, ce n’est pas en réclamant une baisse des impôts sur les carburant sans augmentation des transports en commun, ce n’est pas en manipulant la colère des autres qu’on améliorera notre société. Transformons cette énergie dans de plus justes combats. Discutons ensemble d’une vraie reconstruction sociale et écologique, sans nous contenter de la défense de notre petit confort, menons un combat durable en prenant le risque du partage, de la loyauté et de l’ouverture.