Attention, le fédéralisme peut cacher le nationalisme…

La crise catalane, les revendications corses cachent la même stupide xénophobie. Qu’on ne s’y méprenne pas, les catalans ont eu raison de lutter pour pouvoir s’exprimer en catalan, et ont raison de marquer cette différence et de continuer à faire vivre leur culture. De même les Corses ont maintenu une culture exceptionnelle et peuvent en être fiers. Mais vouloir édicter des lois particulières, donner des droits plus importants aux citoyens d’une ile, d’une région, c’est faire des différences fondamentales entre les hommes en considérant que les étrangers sont inférieurs en droit. C’est du fascisme, comme tous les nationalismes.

Le fédéralisme européen favorise paradoxalement ces retours xénophobes. Il a en effet regroupé des pays autour de traités libre-échangistes et monétaires, mais a échoué à rendre cohérentes les lois des Etats restés souverains .  Certains pays peuvent évoluer en démocratures ; les impôts sont différents et favorisent la délocalisation, en créant de la concurrence entre États au lieu d’en créer entre entreprises. Ce fédéralisme est préférable à la guerre, mais il laisse toute la place à la haine, en laissant prospérer les injustices et la xénophobie.

Les grandes régions ou les pays et leurs communes sont bien le meilleur niveau de décision pour toutes les décisions politiques contingentes : comment organiser localement l’administration, quel budget pour l’année prochaine, quelles activités culturelles ou sportives favoriser. C’est le bon niveau pour la gestion des organismes publics comme les hôpitaux, les écoles, les agences de protection de la nature et de l’eau.

Mais les lois doivent concerner l’humanité, sans faire de différence entre les êtres humains. Ce niveau c’est celui de l’État universel, qu’il faut concevoir comme une structure simple, solide, permettant aux pays ou aux régions de gérer l’économie, la culture, l’environnement, la santé, avec des principes communs, mais en s’adaptant aux particularismes locaux et aux priorités régionales.

 

Religions : une relative quête d’absolu

Chercher à relativiser les religions peut sembler paradoxal : chaque religion est une quête de dieu, ou d’une forme de spiritualité supérieure considérée comme un idéal.

Mais les différentes religions sont des moyens d’approcher en groupe la compréhension de cet être supérieur. Ces moyens différent, d’une religion à l’autre. Les constructions intellectuelles, les rites faits de manière commune ou similaire par les adeptes, sont très différents. L’idéal de vie commune présente des similitudes, dans l’amour du prochain, le respect de la vie. Mais la morale pratique peut être très différentes : la loi du talion ou le pardon systématique, les différences faites entre les hommes et les femmes, entre les croyants et les incroyants constituent des complexes bien différenciés d’une religion à l’autre. La représentation divine varie encore plus : plusieurs êtres d’une même famille pour les polythéistes ou dieu unique pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, esprit indistinct, être suprême, dieu réparti dans la nature et les hommes. Même pour les athées, qui refusent l’idée d’un dieu créateur, l’humanisme s’apparente à une conception religieuse du monde.

Relativiser les religions, tout en respectant la quête universelle de spiritualité, permet de construire une société tolérante et just. Cette société permet à chaque groupe de suivre son chemin, en respectant celui des autres. Mais, pour cela, elle ne doit jamais mettre une religion au dessus des autres, elle ne doit ni empêcher de croire, ni obliger de croire.

Les moyens ne se confondent pas avec la fin : la conscience universelle, Dieu, l’univers de l’esprit, sont supérieurs à une organisation politique, mais les religions multiples doivent toutes se conformer aux lois universelles qui permettent aux humains de vivre ensemble, dans la paix et la recherche du bonheur : la liberté, l’égalité et la solidarité entre tous les êtres humains.

 

De la place pour tous !

Les gouvernements hypocrites compatissent, mais refusent d’accueillir les migrants, alors que le nombre de familles chassées de leur pays par la guerre, la faim ou les inondations ne cessera d’augmenter. Leurs fallacieux arguments sont repris vigoureusement par une grande majorité de la population qui a peur pour son confort : nous n’avons pas la place, les pauvres vivant déjà chez nous ne sont pas logés, nous avons déjà trop de chômage.

Ce sont des arguments de mauvaise foi : les problèmes que connaissent nos démocraties favorisées, chômage important et misère marginale, sont liés intrinsèquement au nationalisme et à l’hypercapitalisme : les multinationales créent des entreprises avec des subventions dans des pays en concurrence, ils font des profits avec les différences de règles entre les pays, ils liquident ensuite ces entreprises pour entretenir la peur chez les salariés et les sous-traitants. Cela n’a rien à voir avec le nombre d’actifs dans un pays.

Géographiquement, l’Europe, et en particulier la France, ont la place d’accueillir le double de leur population actuelle sans défricher ou diminuer la production agricole. Bien des campagnes se sont vidées, les petites villes ont souvent un gros taux de maison vides. Il ne faut pas accueillir les migrants dans des bidonvilles aux portes de nos métropoles, il faut les répartir dans les campagnes, les montagnes, les petits villages et leur donner un travail immédiatement dans le bâtiment (il y en aura à construire !) et dans l’agriculture biologique, qui ne suffit pas à répondre à la demande. Pour cela, pas besoin de modifier la répartition de l’usage des sols, mais il faut reprendre la propriété des terres et des bâtiments sans usage pour en rationaliser l’utilisation. Cela constitue une révolution foncière et agraire, mais celle ci est indispensable  à une meilleure gestion de notre espace et à la solidarité universelle.

Nature, eau et forêt, une réglementation cache-misère…

La conception des rapports entre l’homme et la nature est une controverse philosophique ancienne. Entre la nature sauvage, qu’il faut réduire et dominer et la mère nature, qu’il faut suivre et respecter, deux conceptions s’affrontent depuis longtemps. Au vingtième siècle, la notion de développement durable, s’est imposé, comme un compromis, dans les lois de nombreux pays et dans les accords internationaux : l’homme se développe aux dépens de la nature, mais il doit modérer ses besoins pour pouvoir continuer à vivre sur une planète finie. Il doit notamment préférer les ressources renouvelables , le bois, par exemple, aux ressources fossiles. Il doit protéger les espèces, les milieux, les sites rares, remarquables pour ne pas porter atteinte au capital naturel, mais se contenter d’en récolter les intérêts.

Au début du vingt-et-unième siècle, une théorie subséquente pointe dans le droit français, mais aussi dans les accords internationaux sur le carbone : on peut continuer notre développement, il suffit de compenser ses impacts. Tous les projets sont acceptables, à condition de les accommoder de prescriptions environnementales, dont cette fameuse compensation. Grosso modo, on évite de porter atteinte aux espaces et espèces rares, mais on peut porter atteinte à la nature banale si par ailleurs, pas trop loin de préférence, on restaure cette même nature. Cette théorie relativiste recueille l’assentiment des libéraux : la croissance n’est pas finie ! Les ultralibéraux se plaignent néanmoins des contraintes environnementales toujours croissantes et des difficultés de mise en œuvre… Le principe éviter/réduire/compenser rassure la plupart des environnementalistes.

Mais c’est une imposture, car la nature a été beaucoup trop perturbée par le développement non durable des deux derniers siècles pour que ce modèle fonctionne : le climat est déjà perturbé, les grands massifs forestiers tropicaux  sont réduits inexorablement, sans qu’aucune organisation politique stable ne puisse l’empêcher. Dans les pays développés, les grands massifs naturels peu anthropisés n’existent plus ; les espèces avec de grands espaces vitaux sont éliminées ou posent des problèmes sociaux graves (l’ours ou le loup chez nous, le tigre en Asie…).

Bien entendu, je ne souhaite pas un respect absolu de la nature : l’arrêt de la chasse favoriserait les grands herbivores aux dépens de nos forêts, l’arrêt de l’élevage, bien plus impactant que la chasse, mettrait notre espèce en danger, l’arrêt  du défrichement, là où il est indispensable pour la survie alimentaire, serait une injustice grave, par rapport à toute l’histoire du développement humain. Mais les équilibres naturels qui ont été bouleversés doivent être restaurés pour que l’humanité survive. Il ne s’agit pas seulement de compenser l’impact d’un petit projet, il faut de grands programmes de renaturation, à l’échelle mondiale. Il faut aussi faire revenir la nature et les arbres dans nos cultures, nos prairies et nos villes. C’est techniquement possible, mais il faut changer nos méthodes.

Mais le premier ennemi de la nature, ce n’est pas l’industrie ou l’agriculture, dont on peut effectivement limiter les effets, c’est la guerre et l’injustice politique sur la majeure partie du globe, qui empêche toute politique de long terme en faveur de la nature. Pour rééquilibrer la nature, il faut une révolution universelle pacifique.

 

L’illusion réformiste

Avec ce nouveau gouvernement et cette nouvelle assemblée, toutes ces nouvelles têtes, sans doute beaucoup de Français se laissent ils aller à un optimisme teinté d’un peu de distanciation, mais surtout de réconfort. « on va attendre pour voir, laissons leur leur chance ». Mais quelle chance de changer le monde ont Philippe et Macron, même avec Hulot dans leur équipe ? Si une réforme dangereuse pour l’industrie pétrolière, nucléaire ou chimique est envisagée, elle avortera ou se transformera en papier peint vert sur un mur en train de s’écrouler. La politique européenne parait aussi sous de meilleurs auspices, mais ne nous leurrons pas, il n’y aura aucun abandon de souveraineté, pour l’armée comme pour la TVA. On pourra avoir des machins en plus, mais pas de suppression des inégalités nationalistes.

Sans révolution qui casse les frontières et reconstruise un nouvel espoir commun à tous les hommes, et pas seulement aux français privilégiés, les meilleures réformes ne font que nous conforter dans notre château fort, en laissant le tiers monde opprimé nous assiéger.

La société de la mauvaise foi

Le monde où nous vivons, avec ces terribles injustices rend schizophrènes les habitants des pays privilégiés. Comment supporter, en étant éduqué, informé régulièrement, de savoir qu’on vit confortablement avec des soucis qui sembleraient dérisoires aux habitants de la Syrie, du Yemen, du Soudan ou même de l’Ukraine, de la Chine ou de l’Inde ?

Et bien, pour résister à cette pression inconscience constante, on se ment à soi même.

Premier mensonge : un plongeon dans l’indifférence : mes problèmes sont les seuls d’importance. On ne nait pas égoïste, on le devient peu à peu, c’est un mouvement de survie. On ne s’imagine plus à la place des autres, c’est trop dangereux pour sa santé intellectuelle.

Second mensonge, parmi toutes les informations qui nous sont délivrées, on ne retient que celles qui confortent notre égoïsme, même si elles n’émanent que d’une source douteuse, un lobby, des hackers ou son voisin de bistrot. Toutes les autres informations, celles qui dérangent, même si elles proviennent de sources scientifiques variées et concordantes, de journalistes sans intérêt financier direct, même si ces informations sont vérifiables, sont repoussées avec colère. Ceux qui nous demandent des efforts de solidarité sont des menteurs, des corrompus. Avec la supériorité de l’euro-climato-sceptique, on peut mépriser la « gauche caviar » et discréditer par avance toutes les réformes généreuses.

Des responsables catholiques renvoient dos à dos les candidats à l’élection présidentielle et considèrent que le mariage entre homosexuels est au moins aussi grave que le refus d’accueillir des migrants en détresse, nos prochains suivant l’enseignement de Jésus. Ceci démontre avant tout leur mauvaise foi.

Et ces mensonges font abandonner tout esprit critique propre : Même si le changement climatique n’était pas directement causé par l’homme, ne faudrait il pas réfléchir à la décroissance, nécessaire aussi par rapport à la surpopulation et au caractère limité des ressources planétaires ? Même si Macron était déjà corrompu et augmentait le poids politique des financiers, ne faudrait il pas quand même faire barrage à l’extrême droite qui nous mène beaucoup plus rapidement à la haine, à la ruine et à la guerre civile ?

Voter utile, mais résister dans tous les cas

Le second tour des élections présidentielles françaises de 2017 démontrent bien les dangers de la cinquième république : quatre candidats se sont partagés à parts presque égales plus de 80% des votes ; l’abstention était encore plus importante (25% environ). Aucun ne portait sans doute un programme réunissant un consensus acceptable par une vraie majorité. Chacun des quatre se voulait « anti-système », contre le pouvoir des syndicats, des medias, de l’Europe ou des pseudo-élites.

Au second tour, les citoyens responsables ont bien du mal à se prononcer. Les plus en colère voteront pour la candidate de la haine nationaliste. Les plus nombreux, sans doute, s’abstiendront. Mais pour éviter le pire, il faut voter pour le candidat qui bouleversera le moins la république française, insuffisante, mais qui reste un  îlot de démocratie dans un monde en crise.

Ce candidat est un banquier opportuniste, qui prône  un libéralisme à peine bridé. S’il est élu, quelles que soient les alliances qu’il sera amené à construire pour gouverner, l’injustice prospérera, la colère augmentera encore. Il ne faut pas accepter cette évolution comme une fatalité, mais profiter de toutes les occasions pour mener une résistance démocratique : constituer, aux législatives puis dans l’assemblée, un groupe d’opposition qui pèse sur les décisions, recréer un parti qui fasse la promotion d’une société plus équitable, et surtout plus ouverte, manifester pacifiquement contre toutes les décisions ou non décision de court-terme (comme le maintien du nucléaire) qui ne facilitent la vie qu’aux riches et rendent le monde plus difficile à vivre pour la majorité.

Si c’est le parti de la haine qui est porté au pouvoir, cette opposition devra être encore plus résolue. Notre travail, notre sécurité, notre dignité seront directement et immédiatement en jeu.

La peur ne doit vous faire choisir la haine

Un attentat vient d’avoir lieu. Comme tous les attentats islamistes, il est destiné à déclencher la haine dans la populations et une répression aveugle vis à vis des étrangers et des musulmans.

Dimanche 23 avril, quatre jours après, les français qui iront voter le feront ils en suivant ce plan ? Cinq candidats sur onze considèrent que nos problèmes viennent de l’étranger : les musulmans et l’Europe seraient la cause de nos « malheurs ». Voter le Pen, Asselineau, mais aussi, Dupont aignan, Cheminade ou Fillon, regardez leurs programmes, c’est considérer que le problème vient des autres, alors qu’il est universel ; c’est choisir, comme le veulent les terroristes, le chemin de la guerre.

Un candidat qui n’a pas le même discours agressif, mais qui défend le capitalisme financier, à savoir Macron, est également dangereux, car c’est l’hypercapitalisme qui a engendré la pauvreté, l’injustice et la révolte.

Aucun des deux candidats crédibles restants, Hamon et Mélenchon, n’aspire vraiment à une république universelle, ils sont engoncés dans leur culture franchouillarde. Mais ce sont les solutions de vote les plus éloignées de la haine et de l’injustice.

Colère n’est pas justice

« Sainte colère » : l’expression existe depuis le récit de Jésus, chassant les marchands du temple. Dans la Genèse, Dieu se met déjà en colère contre sa création. Chacun a déjà expérimenté, une indignation puis un sentiment de colère devant une injustice. La colère est un sentiment humain qui résulte du choc de plusieurs idées : quelqu’un qui m’est proche, ou moi même, subit un dommage, quelqu’un d’autre en profite indûment, la société, les autres en général, trouvent normal cette situation. Je constate un déséquilibre, que les puissants qui m’entourent semblent causer ou au moins approuver, et une pulsion violente me pousse à rétablir la justice en frappant le côté favorisé. La violence semble nécessaire pour lutter contre plus puissant que soi. Elle s’exprime par des cris, puis si elle ne peut trouver d’autre exutoire, par des gestes violents.

Mais si la colère semble fondée sur le sentiment d’injustice, ce sentiment peut être une appréciation faussée de la situation. Dans la mesure où la partie qui semble lésée m’est liée, je  ne suis pas le mieux placé pour juger équitablement de la situation. D’autre part, la violence, qui résulte immédiatement de ce sentiment fort, n’est pas toujours bien dirigée : elle peut frapper quelqu’un qui n’est pas la vraie source de l’injustice,. Enfin cette violence est toujours disproportionnée : quelqu’un vous vole et vous cherchez à le tuer.

La « juste colère » que ressentent la plupart des humains devant les injustices criantes qu’eux ou leurs proches subissent se transforme ainsi en réactions contre-productives : le terrorisme, contre les puissants qui semblent irrémédiablement nous dominer ou le vote xénophobe, contre les étrangers qui nous menacent.

L’indignation à laquelle appellent les justes ne doit pas se transformer en violence injuste. Ne prenons pas les armes de nos ennemis. Les super-héros qui rétabliront la justice n’existent pas. La violence extrême et sans objectif précis des petits groupes en colère, l’acte terroriste ou le vote xénophobe, n’atteignent que les soutiens volontaires ou passifs de ces dominants et, au final, les renforcent. Utilisons la force de la solidarité  : les faibles opprimés, et leurs frères qui les écoutent, s’ils se redressent tous ensemble, dans un but clairement exprimés, feront plier les tyrans.

Changer le modèle des études

Le modèle européen de sélection par le mérite est basé sur des études longues réservées à une élite. Ce modèle a fonctionné tout le long du XIXème et du XXème siècle. Il est préférable au système qu’il remplaçait, celui de l’aristocratie, où le mérite personnel ne comptait qu’exceptionnellement. Mais est il efficace pour autant ?

En premier lieu, il reste injuste : même si les jeunes élèves particulièrement doués et travailleurs né dans un milieu défavorisé peuvent y faire leur chemin, dans la majorité des cas, les jeunes issus des classes aisées sont surreprésentés dans les métiers exigeant un diplôme universitaire ou d’une grande école.

En second lieu, et c’est ce point qui est le moins mis en évidence, alors qu’il devrait crever les yeux, les élèves assez doués et travailleurs pour avoir obtenu un diplôme ne l’ont théoriquement qu’autour de 23 ans. Ils ont passé au moins dix ans à se préparer à un travail indéterminé, tout en se coupant de la majeure partie de la population, qui elle travaille réellement. En effet, les études sont restées dans leur quasi totalité des exercices théoriques, qui sélectionnent bien, mais qui préparent mal.

Si nos sociétés n’ont pas sombré dans le chaos, c’est bien que les élites, malgré leur impréparation, ont su grosso modo s’adapter. Mais au début du XXIème siècle, d’autres paramètres ont encore gauchi le système : d’une part le chômage a fortement augmenté, éloignant encore davantage les diplômés du début d’un travail. Les étudiants ne peuvent désormais espérer avoir un poste à responsabilité que vers 25-30 ans. D’autre part, particulièrement en France, les politiques ont poussé la majeure partie de la jeunesse vers des études longues, avec des matières générales théoriques obligatoires jusqu’à 18 ans. C’est désormais la majeure partie de la jeunesse qui se retrouve avec un diplôme, mais au chômage, entre 25 et 30 ans, à l’âge où elle devrait être la plus productive.

Ce système est une catastrophe qu’il faut révolutionner. L’école qui précède l’université doit être réservée aux apprentissages de base de la communication, (langues, calcul, initiation aux sciences humaines et physiques par des études locales) et à l’éducation civique, qui doit prendre une part importante pour souder la société autour des valeurs fondamentales de la républiques. Tous les enfants doivent ensuite  s’initier au travail, par des stages et de l’apprentissage, dés 14 ans et en parallèle, étudier les matières qui leurs semblent utile pour leur avenir. La part de travail productif dans leur vie doit évoluer peu à peu.

Mais inversement, tous les jeunes et tous les adultes doivent avoir la possibilité de faire gratuitement des études pour se réorienter durant toute leur vie. C’est la le vrai sens de l’université : une possibilité pour tous et à tout moment d’améliorer ses connaissances, un lieu où les professeurs s’adresseront à des élèves connaissant les réalités de la vie et du travail, mûrs et s’intéressant vraiment à la matière étudiée.

Le cursus de médecine pourrait être ainsi complètement modifié : on ne deviendrait médecin qu’après avoir exercé à mi-temps comme aide soignant, puis comme infirmier. On pourrait, toujours en n’exerçant qu’à temps partiel comme médecin, devenir un vrai spécialiste qu’après 30 ans. Les compétences techniques théoriques et pratiques seraient alors bien supérieures, mais les spécialistes ne seraient pas coupés des autres intervenants, comme ils le sont aujourd’hui. Cette révolution de l’éducation est nécessaire pour augmenter l’efficacité générale, mais elle permettrait aussi une meilleure compréhension entre les personnes, évitant cette faille énorme entre des professeurs n’ayant jamais quitté l’école et les ouvriers, par exemple.