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Pour la lutte contre le changement climatique, il faut des états responsables, pas des nations coupables

Lors de cette convention pour le climat, qui se tient dans un pays où les atteintes à la liberté sont légions, on entend une nouvelle idée : les pays riches devraient payer aux pays pauvres les dommages qu’ils subissent à cause d’eux. Utiliser un tel argument est tentant, mais dangereux.

Le concept de culpabilité nationale est mortifère . L’idée à promouvoir, c’est la solidarité entre tous les humains, pas la punition de méchants pays vis à vis de pays innocents. Les États ne sont pas des individus qui devraient payer pour leur fautes. Un individu ne peut d’ailleurs jamais effacer ses crimes, il peut seulement s’amender et changer.

La notion de réparation a conduit, après la première guerre mondiale a créer haine et humiliation. Il ne s’agit pas de réparer, mais de partager. il faut aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’en sortir seuls pour limiter les déséquilibres économiques et les catastrophes en chaîne, par solidarité économique, pas seulement par fraternité spirituelle.

La surpopulation relativise les morales

Einstein a pu théoriser que les lois de Newton ne s’appliquaient pas dans l’infiniment petit, dans l’infiniment grand, quand on s’approchait de la vitesse de la lumière. De même, il faut remettre en cause de nombreux dogmes établis à des moments précis de l’humanité, lorsque celle-ci était en danger du fait de son faible nombre, par rapport à la taille de sa planète.

Aujourd’hui nous sommes en surpopulation : il y a trop d’êtres humains pour que ceux-ci s’alimentent et vivent bien, en équilibre avec les autres espèces et sans épuiser les ressources naturelles qu’ils consomment immodérément. C’est du moins le cas avec les méthodes actuelles d’agriculture et de production industrielle.

La plupart des lois en application sur la planéte sont dérivées de lois religieuses ou coutumières anciennes, établies à une époque où la préservation de la vie humaine était l’objectif crucial. On blesse quelqu’un, ce n’est pas grave. On tue un animal, ce n’est pas grave. On brûle une forêt, ce n’est pas grave, il y en a tellement. On tue un être humain, c’est gravissime. Chaque grande religion, la plupart des pays interdisent le meurtre et ne prévoient pas d’exception. Cette loi est supérieure au respect de la liberté individuelle : le suicide est souvent interdit et généralement condamné. La peine de mort, au début réservée à la loi du talion, aux seuls meurtriers, est interdite dans de nombreux pays.

A l’inverse, tous les autres crimes, le viol, la torture, les atteintes aux espèces animales ou végétales, la destruction des oeuvres d’art, les menaces à l’intérêt général, comme la pollution sont relativisées par ce crime absolu qu’est le meurtre.

La guerre entre pays est un concept peu à part de ce cortège juridique relativement cohérent, la volonté d’un souverain (un roi, un dictateur ou un peuple) lui permet de commanditer le meurtre d’un nombre immense de personnes du pays attaquant et du pays défenseur, en outrepassant l’interdit primordial de l’assassinat.

Aujourd’hui, si on considère la surpopulation humaine comme le premier risque qui pèse sur la planète, pour assurer le bien être de cette espèce humaine, ne faut il pas reconsidérer la mort comme quelque chose d’indispensable, plutot que quelque chose d’impensable ? Ne vaudrait-il pas mieux abréger la vie d’êtres humains, en commençant par ceux qui le souhaitent ? La restauration des équilibres écologiques planétaires est un objectif plus important pour la survie de notre espèce que la santé des populations. On ne doit pas faire peser des menaces supplémentaires sur des habitats ou des espèces naturels plus fragiles que nous au prétexte de notre santé, a fortiori de notre confort.

Les principes de base que la république universelle souhaite faire adopter à l’humanité, respecter la liberté de chacun, équilibrer les libertés dans la justice, organiser une société solidaire sont bien des repères absolus, mais le respect de la vie n’en est qu’une conséquence relative courante.

La préservation globale de la vie sur la planète nécessite la mort d’individus : tous les animaux mangent des êtres vivants ; la plupart des végétaux et la fonge vivent sur les restes des autres êtres vivants qui se mêlent au minéral dans le sol. Pour vivre, il faut donner la mort. C’est une considération toute relative d’équilibre dans les cycles naturels, qui doit guider notre approche. Un chasseur-cueilleur ne tue que ce dont il a besoin pour se nourrir. Trop tuer devient un crime… relatif, par définition.

Ce que nous avons le plus à redouter aujourd’hui, n’est pas la montée des pandémies, mais la continuation des guerres. Ce sont les pandémies qui engendrent le plus de morts, mais à leur suite, l’humanité se reconstruit sans haine ni rancune. Alors qu’une guerre engendre la haine, l’esprit de revanche, d’autres haines et l’instabilité économique et l’injustice sociale.

En ce qui concerne les crimes du quotidien, il faut revoir également la cartographie : tous les crimes qui sont basés sur le mépris des autres, sur une supposée supériorité de naissance, par le sexe ou la race, engendrent des souffrances terribles sur plusieurs générations. Tuer un être humain qui souhaite vivre, qui a des projets et qui n’est pas dangereux pour les autres, reste bien sûr l’atteinte la plus forte à la liberté d’autrui.

Mais qu’en est il du meurtre d’un être vivant inconscient ? un foetus de quelques semaines que ses parents ne désirent pas ? un malade atteint de démence irréversible ? un être humain conscient qui souhaite mourir de toutes ces forces ? Ces questions nécessitent chacune un développement particulier pour y apporter une réponse. Il convient chaque fois de vérifier scrupuleusement chacun des termes, qui sont, eux aussi, relatifs et variables. Mais dans chacun de ces cas, la mort envisagée est moins grave que tous les crimes cités précédemment ou la disparition d’une espèce animale ou végétale sur la planète. Le viol d’une femme est plus grave que son avortement.

La reine est morte, supprimons la monarchie.

Comment des journalistes français, instruits par la république, peuvent ils se répandre en hagiographie sur une reine et un roi ? Ne croient ils pas que les êtres humains naissent libres et égaux ? Elisabeth n’avait que peu de mérite autre que sa naissance. Son immense fortune personnelle, détournée des biens publics, lui donnait l’occasion de participer à la sinistre danse des multinationales.

Arrêtons de nous transformer volontairement en “sujets”, en marionnettes. La monarchie, c’est le règne par la force, le mensonge et la manipulation. Comment un esprit éclairé peut il prétendre que le fils aîné d’un roi, ou le dernier rejeton aprèsles guerres de succession, sera le meilleur dirigeant, alors que toute son enfance, cet enfant aura été gâté par le mensonge de sa supériorité ?

Plus l’attachement est fort à ces faux héros que sont les souverains, plus il faudra imaginer une réaction violente pour s’en détacher, alors que ces pauvres bougres, souvent haïs et victimes d’assassinat par leur propre famille ou des terroristes nationalistes, ne devraient faire l’objet que de notre mépris ou de notre compassion. Seule l’immense communauté des êtres humains doit être souveraine.

Le nouveau complexe d’Oedipe

L’éco-anxiété semble se propager dans le monde riche, et on s’en étonne. Mais le plus extraordinaire n’est pas de s’inquiéter de la disparition de la forêt sur la planète, du changement climatique irrévérsible et de toutes les pollutions qui interdiront à nos enfants et petits enfants une vie saine. Le plus incroyable, c’est que les êtres humains les plus informés du monde actuel et du monde ancien refusent, dans leur grande majorité, de voir que leur espèce s’est conduite toute seule à la catastrophe et que pour y remédier, ils devront changer leur vie.

La haine qui se propage contre les écolos, les gauchistes, les décroissants, les vegan est disproportionnée par rapport aux possibles menaces des soi-disant khmers verts : il ne prétendent pas massacrer les mangeurs de viande, les chasseurs ou les propriétaires de tout terrain, mais souhaitent seulement qu’on controle leur activité.

Pas d’analyse objective ou de construction intellectuelle complexe chez ceux qui se plaignent de l’écologie punitive : il ne s’agit que d’une pensée réflexe, jouant sur des préjugés, des simplifications. Du coup, il est difficile, voire impossible de faire réfléchir ceux qui ont volontairement choisi de s’aveugler, pour préserver leur confort intellectuel et leurs habitudes destructrices.

Pourtant ces habitudes ne sont pas des choix conscients : manger trop de viande, rouler dans des véhicules individuels, beaucoup consommer et ne penser qu’à ça sont des comportements induits du conditionnement commercial, hérités des milliers d’heures où nous avons vu, entendu, où nous avons été imprégnés des publicités mensongères et stupides : double pléonasme ! La majorité des gens aisés associe inconsciemment son niveau de confort à la vérité suprême, du dogme de la consommation et du progrès technologique.

A cet aveuglement écologique se joint une hypocrisie sociale : nous croyons sans le dire que tous les gens normaux vivent en démocratie et que nous sommes très loin, complètement séparés, des ouvriers asiatiques exploités et des journalistes assassinés pour leur droit à l’expression. Ils n’ont qu’à se révolter, ou attendre que le progrès du capitalisme leur apporte la démocratie…

Il est pourtant facile de démontrer que l’abondance des uns est bâtie sur l’exploitation des autres. Autrefois les esclaves ou les ouvriers habitaient à nos portes, aujourd’hui ils sont assez loin pour qu’on les oublie. Il est facile de comprendre que ce modèle est instable et que toute la technologie du monde ne permet pas de reboiser en un an ce que la nature, même aidée du travail des forestiers, a construit en plus d’un siècle. Il est facile de deviner se situe la mauvaise foi et l’intérêt motivant l’hypocrisie entre des scientifiques défendant la nécessité d’une décroissance et des industriels du pétrole et de la chimie se voulant rassurant.

Mais ces évidences intellectuelles sont niées, les scientifiques sont tous des menteurs, ceux qui proposent une autre organisation politique de dangereux idéologues : on préfère se mentir à soi même, s’aveugler. A ce comportement pathologique s’associe donc tout une souffrance cachée : celui qui se ment à lui même sur la décroissance, augmente intérieurement sa culpabilité, l’exagère sans doute. Abreuvé d’informations, de contre-informations, on mange et boit compulsivement, on consomme comme on appuie le pied sur l’accélérateur pour dépasser un obstacle. On choisit une religion, un parti politique qui conforte cet aveuglement et surtout qui fait oublier toute la complexité du monde, pour simplifier, se rassurer. On est près à absorber n’importe quel folle croyance, l’astrologie; le départ des riches dans une autre planète plus verte ou le paradis pour les terroristes tueurs d’enfants, en espérant oublier la culpabilité issue de l’aveuglement.

Mais se crever les yeux n’a rien résolu pour Oedipe. Il nous faut être lucide et courageux pour restaurer la nature, la paix et assurer la survie de tous nos enfants.

Développer les voitures électriques, l’escroquerie du XXième siècle.

C’est une manipulation incroyable, de la part des industriels et des gouvernements : faire passer la voiture électrique pour une amélioration environnementale ! des voitures séduisantes, silencieuses, et soit disant écologiques… Leur construction demande énormément d’énergie, les batteries sont difficiles à recycler, elles demandent des matériaux rares extraits dans des conditions sociales et écologiques scandaleuses, la création et l’entretien du réseau seront chers, la durée de vie des batteries, et donc des voitures très très limitées : l’innovation technologique, qui progresse au rythme des téléphones portables ne permet pas de conserver 20 ans, comme on a pu le faire pour d’autres véhicules, ces voitures à obsolescence programmée. En plus, en France, leur développement va de pair avec le renouveau des centrales nucléaires, dangereuses, extrèmement couteuses, générant des coûts sur les déchets pendant des millénaires, et une augmentation générale des dépenses d’énergie.

La seule solution viable, à 8 MM d’êtres humains, ce sont les transports en commun obligatoires sur certains trajets, le train pour les longs trajets de matérieux, et conserver les vieilles voitures très longtemps pour les petits trajets, en arrêtant d’en construire en grand nombre pour encombrer la planète de déchets… il faut développer les voies ferrées en se payant sur des augmentations de taxes sur les carburant et arrêter d’entretenir les grandes routes.

Cette politique des transports doit être révolutionnaire, et à l’échelle la plus vaste possible pour être efficace. Elle pourrait réussir car plus rationnelle, mais le grand moteur de la voiture individuelle, c’est l’individualisme et le maintien des inégalités sociales. Dans la vie courante, on s’affirme par rapport aux autres par sa voiture. Or celle ci pourrait être conservée comme un hobby pour les déplacements de loisir, ou certains déplacements techniques locaux, elle doit être considérablement limitée dans les déplacements professionnels et tous les déplacements de proximité.

Il faudra aussi inventer une façon plus intelligente de faire ses courses, avec des marchés et des commerçants de proximité, où on va acheter moins de 2 kg de marchandises, et plus de concentration d’hyper marchés et galeries commerciales, d’où l’on repart avec des caddies pleins d’objets inutiles.

La solution sera collective. Ne nous laissons pas imposer ce que nous n’avons pas choisi, ne nous laissons pas appâter par de faux attraits en faisant mourir notre nature sous le poids d’objets inutiles comme ces batteries.

conte de campagne : la falaise

Un type marche sur un sentier au bord d’une très haute falaise. Ca monte, ca descend, il y a des cailloux… pas facile. Un autre type en marche, le rattrape, cherche à le doubler, le pousser, l’empêcher d’avancer… Et ça dure… cinq ans ! alors au bout de cinq ans, notre héros fatigué, irrité, est tenté de se jeter dans le vide, vers marine, vers le nationalisme et peut-être la guerre, qui lui feront oublier ses soucis et ce salaud qui cherche à vous doubler et vous écraser.

le vote ne suffit pas à la démocratie

La république n’a existé dans le temps et l’espace que sur une part mineure de l’humanité. Pourtant, c’est le mode d’organisation de la société qui seul s’oppose à la violence de l’injustive. Un autocrate est injuste par nature : même s’il souhaite le bonheur du peuple, il ne peut lui donner la liberté.

Il y a eu bien des républiques, mais aucune n’a vraiment réussi à équilibrer les libertés individuelles dans l’équité, et encore moins à convaincre de la solidarité universelle. Mais tous les gouvernements qui cherchent à être démocratiques insistent sur l’importance du vote : il faut élire nos représentants, c’est le moyen minimal de nous exprimer. Mais au XXIème siècle, les gouvernants élus triomphent par le populisme, les promesses non tenues, la manipulation médiatique.

Pour obtenir des représentants plus légitimes et plus justes, également plus efficaces, il faut améliorer les lois qui leur permettent d’arriver au pouvoir et d’y rester.

En premier lieu, la vérité du discours et des actes doit être un impératif constant. Un candidat ne doit pas avoir le droit de mentir. Aujourd’hui ils mentent de deux manières : en déformant la vérité des faits passés et actuels et en prenant des engagements qu’ils ne comptent pas tenir. Les discours doivent être assis sur des vérités objectives et vérifiables. Les promesses doivent être tenues. La sanction doit être l’inéligibilité à vie.

Le système d’élections devra permettre accessoirement d’élire des représentants, mais en premier lieu il devra définir une politique, avec des objectifs, des moyens, des actions précises et phasées. Les programmes différents, parmi lesquels les électeurs choisiraient devraient avoir été élaborés par un parti, et ci possible co-construit avec le maximum de sympathisants. Le représentant élu devrait être la voix de ce programme, pas un chef à suivre aveuglément.

C’est le principe du mandat impératif, qui avait été révé par la commune de Paris, il y a plus de 150 ans. Au cours de son mandat, les représentants élus au sein d’une assemblée, auront à exécuter le programme pour lequel ils ont été mandatés. Bien entendu , il faudra l’adapter, l’améliorer, le faire vivre. Mais pour cela ils devront recueillir l’approbation des autres représentants, pour les modfiications mineures, et de la majorité des citoyens, par referendum, pour les modifications majeures.

Le nouveau système doit se protéger contre toute appropriation individuelle du pouvoir : pas de loi, de décret décidé et signé d’une seule personne ; pas de mandat de plus de cinq ans, pas de plus de deux renouvellements. Pour que chaque citoyen soit l’égal en droit de n’importe quel autre, il ne faut donner à un élu que le seul pouvoir de faire ce qui a été décidé par un groupe pour le bien de tous et qui aura été approuvé par la majorité des autres citoyens.

Mais la vérité a aussi besoin de deux moyens pour éclairer notre société humaine : l’éducation publique et la régulation de la communication.

L’éducation publique doit former des citoyens autonomes capables de discerner, parmi la foule d’informations qui leur parviennent, le vrai du faux, capables de distinguer le fait original de son interprétation déformée. Pour cela, il faut à la fois multiplier et recouper entre elles les sources d’informations, e td’autres part les confronter à un système de pensée, une construction intellectuelle cohérente, qui doit être propre à chacun de nous. Cela demande plus de philosophie et de démarche scientifique et logique dans l’apprentissage.

La régulation de la communication doit être faite par une autorité indépendante, pour éviter l’appel à la violence physique, à la haine, à l’aveuglement. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer librement, mais intelligemment : chaque propos, qui peut être caricatural, doit être remis dans son contexte par le medium de communication où il est diffusé.

La vérité peut paraitre insaisissable, mais elle doit etre le seul objet de notre quête intellectuelle. Les jeunes, par paresse, les vieux par confort intellectuel, plongent dans le déni, les idées qui confortent l’égoisme de nos comportements : les étrangers, les pauvres sont dangereux, les riches sont merveilleux, un héros viendra nous sauver, le climat va s’arranger, la nature n’est pas en danger, il y aura de la place pour tout le monde, tant qu’il y en a pour moi. Il faut une révolution des consciences, dans l’école et les media pour apprendre à affronter puis aimer la vérité.

Le nationalisme defend mal la democratie

Février 2022, un président élu d’un ancien pays communiste choisit d’envahir son voisin, en invoquant des pretextes fallacieux. Il ne cherche d’ailleurs pas à convaincre, mais à imposer sa volonté par la force. Ses concitoyens, les russes qui l’ont élu peuvent partager ses sentiments qui ne justifient rien mais expliquent tout : l’Ukraine a toujours été liée politiquement, culturellement et religieusement à la Russie. Elle n’aurait jamais du en être détachée. Cela ne vous rappelle rien ? L’annexion de l”Autriche puis du territoire des Sudètes, germanophones de la république Tchèque, par Hitler.. Et oui, c’est le premier niveau de prétexte guerrier nazi.

Pour répondre à l’hypertrophie des sentiments nationalistes conquérants, les politiciens des pays voisins réveillent en général leur propre nationalisme : les vrais français doivent faire barrage aux prussiens, aux boches, bouter les anglois hors de France ; les grecs doivent expulser les turcs et réciproquement ; les serbes face aux croates, la liste est malheureusement sans fin…

Les Ukrainiens et les Russes ont effectivement une grande proximité culturelle et n’avaient justement que peu de motifs historiques de revanche jusqu’ici. Les partis anti-russes d’Ukraine craignaient l’autoritarisme de Poutine.Ils souhaitaient plus de démocratie et plus de libéralisme, comme dans l’union européenne. Ils craignaient l’annexion, en référence à la dictature soviétique et ses interventions musclées dans les pays satellites.

Pour éviter cette spirale, qui enferme les victimes d’agresseurs, dans un cercle fermé de haine et de vengeance, il est fondamental de savoir contre qui on lutte et pouquoi, et de poser raisonnablement les bases d’un juste combat.

Qui est l’agresseur ? Poutine a bien été élu, mais la démocratie a fortement diminué en Russie sous ses mandats successifs : les opposants ont été attaqués dans la presse, calomnié, mis en prison; la presse a été muselée, en allant jusqu’aux assassinats de journalistes. Dans la droite ligne de la tradition stalinienne, et des services d’espionnage et de propagande d’où est justement issu Poutine, le mensonge a été érigé en système de pensée. La majorité russe est silencieuse, mais apprécie d’être dirigée par un chef puissant. La méchanceté de l’empereur rassure toujours les habitants d’un très grand pays, quisont protégés de la guerre civile par la force d’un autocrate, dont on peut supporter les frasques : les journalistes assassinés, comme les jeunes écrasés par les chars de Tien an men n’avaient qu’à se tenir tranquilles… Ensuite, cet autocrate est soutenu inconditionnellement par les dirigeants de la religion orthodoxe, la plus pratiquée en Russie. Poutine et le patriarche s’appuient l’un sur l’autre. Ce n’est plus un état laïque. De plus quand ce presque dictateur envahit un autre pays sans demander son avis aux habitants concernés (ils avaient d’ailleurs élu un président qui refusait l’allégeance à la Russie), ni même à son propre pays (il n’y a pas eu de vote ou de discussion au parlement russe, tout a été décidé par un seul homme) on est très loin de la démocratie. C’est le triomphe de la violence politique. L’agresseur n’est pas la Russie, mais Poutine !

C’est bien contre cela qu’il faut se liguer : l’atteinte à la liberté faite par un tyran, qui plonge des êtres humains dans une suite de guerres stériles. Il faut combattre Poutine et ceux qui le soutiennent, parce qu’ils se réclament des mêmes méthodes. Il ne faut pas tomber dans la haine des russes, mais bien les encourager à se révolter pour retrouver une vraie liberté, pas la paix fragile et mensongère de la tyrannie.

Evidemment, les nationalistes des pays plus démocratiques sont maintenant pris à leurs propres contradictions : ils professaient admirer Poutine, Trump, Bolsonaro ou Modi ; ils sont maintenant obliger de cracher sur leurs modèles, ou de trahir les intérêts de leurs propre pays. C’était le même inconfort moral pour l’extrème droite française, anglaise ou américaine qui admiraient Hitler de 1933 à 1945… Mais certains se sont confortablement assis sur leurs mensonges en collaborant.

Si tous les vrais démocrates se réunissent pour protéger la liberté et la justice, ils seront capables d’abattre non pas l’Ours russe, mais les tyrans, colosses aux pieds d’argile.

Mais comment doit se faire ce combat ? en envoyant des chars contre d’autres chars, au risque d’un conflit nucléaire ? en envoyant des armes légères aux Ukrainiens, pour faire durer un conflit “traditionnel”, peut être aussi longtemps qu’en Syrie (11 ans!) où les russes étaient aussi impliqués ?

Si tous les pays démocratiques du monde manifestent leur désapprobation, bloquent économiquement la tyrannie et informent le peuple russe et le peuple ukrainien de l’injustice dont ils sont victimes, le régime de Poutine ne tiendra pas. Ce sera la victoire de la raison et de la liberté contre la tyrannie, la violence et le mensonge. Mais la raison doit clairement s’affirmer, sans que l’argumentation ne céde le moindre pouce à la haine.

Une énergie nucleaire sans democratie

Le président de la république française vient d’annoncer (10/02/2022) la construction de 6 centrales nucléaires supplémentaires. Il ne s’agit pas d’un voeu pour son futur programme, mais bien d’une décision, alors que le “programme” sur lequel il a été élu n’en parlait pas. Il n’y a pas eu de consultation, de concertation, ni encore moins de vote, ni aux présidentielles, ni à l’assemblée nationale.

Ce déni de démocratie reprend les habitudes ininterrompues de nos anciens présidents de la république, depuis De Gaulle, sur la questions. Au départ, le secteur nucléaire était lié à la défense, à son secret et au fonctionnemnet jacobin de la prise de décision. Pourtant ce choix d’énergie engage la génération qui le finance et les 178 générations suivantes, qui vont payer des coûts imprévus répartis sur un demi-siècle (le secteur nucléaire est le premier en matière de dépassements de 1 à 10 !) augmenter les pollutions directes (le réchauffement de l’eau en particulier), augmenter la consommation d’eau (le nucléaire a des besoins un peu inférieurs mais du même ordre que l’agriculture : une bonne partie de l’eau quitransite dans une centrale repart en vapeur). Le risque d’incident existe toujours, et rien dans les évènements des 10 dernières années n’est de nature à nous rassurer. Un attentat sur une centrale est possible et pourrait avoir des conséquences incalculables. Enfin, depuis la privatisation d’EDF, l’Etat n’a plus les moyens de pérenniser un controle direct des centrales qu’il a payées. On ne forme plus d’ingénieurs fonctionnaires ayant la pratique de la construction, de l’entretien et de la gestion de ces centrales, on se contente de payer des couts énormes incontrolables.

La politique antérieure nous oblige déjà à considérer le nucléaire tel qu’il est : la première source actuelle d’énergie depuis des dizaines d’années en France, une réussite technologique globale remarquable, mais aussi un problème public énorme. Il faut continuer à mobiliser des cerveaux pour la recherche sur ce sujet, rendre à l’Etat sa compétence technique pour la gestion et le controle de l’outil.

Mais ca ne suffit pas : les troubles à l’environnement, à l’économie et les risques sur la sécurité et la santé dépassent largement le cadre de notre petite nation : comme l’a montré l’accident de Tchernobyl, le nucléaire a des conséquences sur tout un continent. La politique énergétique doit être revue le plus globalement possible. le gouvernement français actuel n’a aucune légitimité pour décider d’une augmentation de son parc nucléaire en augmentant la menace sur tout un continent.

Coupable mais pas responsable ?

En France, fin avril 2021, la justice vient de rendre une décision paradoxale. Un illuminé, islamiste, a tué une vieille dame parce qu’elle était juive. L’assassinat antisémite ne fait pas de doute, mais l’instruction s’est demandée pendant trois ans si l’assassin était responsable, car il était sous l’emprise du haschich. Tous les assassins ne le sont ils pas étymologiquement ? L’assassin a été considéré comme “coupable mais temporairement irresponsable”, ce qui selon la loi française le dédouane d’une peine. Il sera néanmoins privé de liberté au sein d’un hôpital psychiatrique, mais la décision de “justice” sonne comme un appel au meurtre, un encouragement à toutes sortes d’excès.

En droit français, les “peines” ont plusieurs fonctions : punir le voleur, dissuader d’autres personnes de tenter les mêmes crimes et enfin protéger la société en isolant une personne dangereuse. Mais ces deux derniers objectifs sont complètement perdus de vue dans le fouillis inextricable de notre justice. Par contre, les juges appliquent scrupuleusement l’article de loi qui correspond au mieux au cas sur lequel ils doivent se prononcer, en oubliant l’esprit de la loi.

La fonction première des lois est de régler l’équilibre entre les libertés individuelles. C’est une fonction relative. Dans l’idéal, chaque cas devrait faire l’objet d’une réflexion profonde pour savoir quelle mesure devrait être prise vis à vis des personnes en cause pour qu’elles respectent davantage la liberté des autres. Pour limiter cette réflexion, les sociétés humaines ont édictés des commandements, des interdits, au départ assez limités puis de plus en plus en nombreux et stupides. Entre le “tu ne tueras point” biblique et l’interdiction d’acheter un vibromasseur dans l’Etat de Georgie, il y a une merveilleuse évolution…

Pourtant, même l’interdiction du meurtre est discutable et discutée. S’il s’agit de tuer son frère dont on est jaloux, le monde entier est d’accord pour condamner Caïn, même si Dieu ne lui inflige comme peine sur terre que son propre remords. Mais tuer quelqu’un qui cherche à vous tuer, cela semble beaucoup plus acceptable. Le droit français, pour les agressions entre individus, précise que la légitime défense doit être immédiate et proportionnée. Ces deux conditions sont les mêmes en droit international pour les conflits entre nations. Ces deux conditions, immédiateté et proportionnalité de la riposte à une attaque, méritent à chaque cas une appréciation et une interprétation.

Les lois ne sauraient se limiter à une application automatique d’une liste d’interdits. Le système pénal qui prétend être une justice absolue (à un interdit correspond une peine) n’est ni juste ni efficace. Pourquoi condamner plus durement quelqu’un qui a tué sa femme sur un coup de colère, qu’un élu de la république qui a été corrompu ou même qui a simplement menti à ses électeurs ? Et, dans l’actualité, pourquoi ne pas condamner un assassin, sous prétexte qu’il n’était plus maitre de lui au moment des faits ? Pourquoi laisser des personnes des politiques, des religieux, appeler à la haine, justifier des assassinats et des guerres ? Les personnes les plus dangereuses peuvent être laissées ou remises en liberté au bout d’un temps fixé arbitrairement, sans considération actualisée du risque.

Les lois doivent être complètement repensées, simplifiées pour en garder l’esprit et le but. En particulier, toutes les lois qui visent à éviter la violence, doivent entraîner une politique de prévention.

Cette prévention consiste d’abord à éduquer les enfants et expliquer à tous les citoyens qu’il doivent respecter la vie de leurs frères humains, mais aussi la vie sous toutes ses formes. Cette instruction doit s’accompagner d’une aide pour faire face aux difficultés matérielles qui poussent à la haine.

Le deuxième point de la prévention est d’empêcher la propagation des discours haineux, appelant au mépris d’une catégorie d’humains et justifiant des actes de violence. Cela nécessite un premier niveau de répression vis à vis des personnes ou des groupes qui nient l’égalité des êtres humains. Cette répression est subordonnée à l’objectif de prévention, et est limitée à la suppression du trouble (fermeture d’une salle de réunion, interdiction d’une publication, dissolution d’une association).

Le troisième point vise à limiter la liberté des individus qui sont susceptibles de commettre un acte de violence. Le fait d’avoir commis un acte criminel est une présomption, qui doit pousser la société à prendre des mesures fortes pour prévenir une récidive. Il s’agit d’une répression à but préventif et non punitif. On ne punit pas un homme pour son passé on limite sa liberté pour l’avenir. Cette limite doit être proportionnée au risque : surveillance, emprisonnement… Si un assassin doit être mis en prison ce n’est pas pour le crime qu’il a commis mais pour celui qu’il pourrait commettre. Pour que la privation de liberté soit limitée au minimum, la surveillance et l’emprisonnement doivent se doubler de mesures éducatives, permettant une éventuelle réinsertion.

La répression judiciaire est une légitime défense et doit suivre la même logique. La peine de mort est envisageable si c’est la seule méthode pour éviter la récidive, dans une société désorganisée par la guerre, ou dans l’urgence de l’action : un policier qui défend les victimes d’une aggression peut tirer sur l’aggresseur armé. Une société capable d’emprisonner aussi longtemps qu’il le faudra quelqu’un de dangereux n’a pas à le supprimer.

Dans ce nouvel esprit, l’assassin de Sarah Halimi aurait du être repéré avant l’assassinat pour les opinions qu’ils professait librement. Avec les fanatiques religieux qui l’ont influencé, il aurait du être soumis à de premières mesures de privations de liberté. Si malgré tout, on n’avait pas pu empêcher le crime, on aurait du le mettre en prison pour tout le temps qu’aurait duré sa vraie folie, qui était l’antisémitisme.

Les plus grands criminels de l’histoire, Napoléon, Hitler, Mao, Staline, Pol Pot, responsables de millions de morts, étaient indiscutablement fous, mégalomanes et paranoïaques. Il aurait bien fallu les juger, les condamner, les emprisonner, peut être même les tuer, pour les empêcher de nuire.

Considérer les fous comme toujours irresponsables est une erreur fondamentale. Le crime d’un fou, sous l’emprise d’une drogue ou de l’alcool, ou simplement de la colère ou de la passion, n’est pas moins grave que celui d’une personne ayant tout calculé froidement. Un fou n’est irresponsable que lorsque cette absence de maîtrise de soi a déjà été constatée et prise en compte par la société. Toute personne considérée comme un citoyen, et agissant en toute liberté, est responsable de ses actes. On n’est irresponsable que si quelqu’un d’autre assume la responsabilité de vos actes : les parents des enfants, les tuteurs d’un vieillard sénile, les surveillants d’une personne considérée comme dangereuse.