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Le nationalisme n’est pas inéluctable.

L’Europe n’est plus qu’une association commerciale de nations. Dans chaque pays riche, les dirigeants parlent tous des immigrants comme d’un danger et se refusent à envisager d’en organiser dignement l’accueil. Ils ont peur de de paraitre faibles. Seuls les chefs forts et cyniques semblent correspondre à l’attente des populations crispées dans la crainte de perdre leur relatif confort. Le nationalisme continue d’être propagé par la médiatisation du sport professionnel.

Mais le caractère implacable de cette régression xénophobe et cette progression fasciste n’est qu’une illusion, entretenue par les media. Ceux ci critiquent cette tendance, mais la juge complaisamment inévitable. Comment pourrait on combattre la misère du monde ? C’est pourtant possible, lorsque la paix est assurée et que les hommes sont libres d’entreprendre. Dans chaque lieu où cet équilibre est atteint, de petites sociétés produisent ce qui est vraiment nécessaire. Les sociétés en paix peuvent accueillir bien plus de monde, si elles le veulent vraiment. Les réfugiés ne sont pour l’instant qu’une part infime de la population mondiale (0,34% d’après l’ONU). La planète, gérée plus raisonnablement, peut nourrir tout le monde.

Les multinationales ont bâti un monde d’illusions, où les plus grandes richesses économiques sont des tromperies bancaires, les secteurs florissants ceux des divertissements de masse, des moyens de transports hypertrophiés, comme les SUV qui déplacent deux tonnes pour véhiculer une personne, des cultures qui ne nourrissent pas, des drogues inutiles.

Refusons cette aliénation, soyons des hommes libres et choisissons de refonder une vraie république ouverte et juste.

Attention, le fédéralisme peut cacher le nationalisme…

La crise catalane, les revendications corses cachent la même stupide xénophobie. Qu’on ne s’y méprenne pas, les catalans ont eu raison de lutter pour pouvoir s’exprimer en catalan, et ont raison de marquer cette différence et de continuer à faire vivre leur culture. De même les Corses ont maintenu une culture exceptionnelle et peuvent en être fiers. Mais vouloir édicter des lois particulières, donner des droits plus importants aux citoyens d’une ile, d’une région, c’est faire des différences fondamentales entre les hommes en considérant que les étrangers sont inférieurs en droit. C’est du fascisme, comme tous les nationalismes.

Le fédéralisme européen favorise paradoxalement ces retours xénophobes. Il a en effet regroupé des pays autour de traités libre-échangistes et monétaires, mais a échoué à rendre cohérentes les lois des Etats restés souverains .  Certains pays peuvent évoluer en démocratures ; les impôts sont différents et favorisent la délocalisation, en créant de la concurrence entre États au lieu d’en créer entre entreprises. Ce fédéralisme est préférable à la guerre, mais il laisse toute la place à la haine, en laissant prospérer les injustices et la xénophobie.

Les grandes régions ou les pays et leurs communes sont bien le meilleur niveau de décision pour toutes les décisions politiques contingentes : comment organiser localement l’administration, quel budget pour l’année prochaine, quelles activités culturelles ou sportives favoriser. C’est le bon niveau pour la gestion des organismes publics comme les hôpitaux, les écoles, les agences de protection de la nature et de l’eau.

Mais les lois doivent concerner l’humanité, sans faire de différence entre les êtres humains. Ce niveau c’est celui de l’État universel, qu’il faut concevoir comme une structure simple, solide, permettant aux pays ou aux régions de gérer l’économie, la culture, l’environnement, la santé, avec des principes communs, mais en s’adaptant aux particularismes locaux et aux priorités régionales.

 

La France est un mythe

Les rois avaient des sujets qu’ils gouvernaient par la force, mais surtout en entretenant le mythe du droit divin. Ce serait Dieu qui choisirait son élu parmi les fils des élus précédents. Le roi reçoit l’onction de l’évêque, Napoléon reçoit celle du Pape et tout est justifié : des impôts pour des dépenses personnelles, des guerres d’orgueil tuant des millions de personnes.

Le royaume, regroupant des sujets sous les même lois, la même monnaie et le plus souvent, une seule langue devient lui-même un mythe. Les soldats d’un autre royaume sont les ennemis qui viennent violer nos femmes.

La révolution française a utilisé ce mythe pour favoriser un mouvement de résistance aux troupes des autres royaumes et des des nobles émigrés qui souhaitaient mater la révolte. Le anciens sujets du roi de France se sont battus contre leurs anciens maîtres, car ils étaient alliés à « l’étranger », plus peut être que pour défendre une révolution qu’ils ne comprenaient pas encore. La nation est devenue un nouveau mythe.

Ce mythe a été renforcé, justifié par des historiens, comme Michelet. Des déformations importantes de l’histoire ont été effectuées : les francs sont devenus des « pré-français », Charlemagne le prédécesseur des rois de France et de Napoléon comme des héros français, etc.

Après la défaite de 1870, tous les instituteurs de la troisième république ont appris aux petits français, que la FRANCE existait depuis les Gaulois, que dans les pas de Clovis, Jeanne d’Arc, il fallait reconquérir l’Alsace et la Lorraine. C’est au prix du sang de toute une génération que l’honneur français a été lavé. Des mythes équivalents ont permis à Hitler de prendre le pouvoir, et d’entraîner le monde entier dans un massacre. Après 1945, en France, l’image de De Gaulle, « sauveur de la France éternelle », a été semblablement façonnée.

Aujourd’hui, des candidats, à une présidence qui rappelle malheureusement une « élection royale », veulent explicitement manipuler le peuple en renforçant ce mythe.

Ne soyons plus des marionnettes, montrons nous libres, fraternels, universellement égaux en droit.

Psychanalyse révolutionnaire

La révolution de 1789 aurait pu libérer l’humanité du joug des tyrans. Mais les révolutionnaires ont limité inconsciemment leurs ambitions. Ils ont d’abord voulu conserver le roi, en contrôlant ses pouvoirs par une constitution. C’était le père de ses sujets. Les signes de révérence au roi, qu’on trouve dans tous les écrits, ne traduisent pas que la peur de la censure ou de la répression ; ils expriment un véritable amour filial. Tous les révolutionnaires avaient été élevés comme leurs pères, dans l’idée que le roi était bon et que les problèmes venaient de ses mauvais ministres, de l’influence de sa femme, souvent une étrangère, ou de ses maîtresses, forcément perverses. Les anciens sujets se sont affranchis de l’autorité royale, pour devenir un « peuple libre », mais toujours respectueux de l’image paternelle.

Pour gagner encore de la liberté, et surtout par peur d’une conspiration d’émigrés joints aux princes d’Europe, les révolutionnaires ont décidé de tuer le roi. Mais on n’a pu tuer le père qu’en créant une mère imaginaire : la patrie, la nation, la France. Cette nouvelle figure tutélaire a remplacé celle du roi pour rassurer le peuple, et fédérer ses énergies contre l’ennemi. C’est à la fois le meurtre du roi-père et la peur de la guerre, qui ont substitué l’image de la France à protéger des étrangers à la vision de l’humanité à délivrer des tyrans.

 

Babel

Selon la bible, l’orgueil des hommes a été puni en les divisant par une multitude de langues. C’est probablement l’isolement des groupes de populations qui leur a fait développer des moyens de communication séparés, et créé peu à peu, tous ces langages différents.  Pour les échanges entre les groupes, on a souvent créé une langue véhiculaire, faite de parts plus ou moins importantes des langues d’origine. Le latin, l’anglais, le français, l’espagnol, langues de peuples colonisateurs, ont également joué ce rôle.

Au XIXème siècle, s’est développée la théorie des nations, associée à une langue. La langue devient alors obligatoire pour tous les membres de ces nations ; son usage s’arrête abstraitement aux frontières, non moins abstraites, de cette nation. Les citoyens de chaque nation se sont alors sentis différents de part et d’autre de cette frontière, parce que la langue qui gouvernait leurs échanges les séparait matériellement.

Cette division selon les langues a alors nourrit les concepts de nations et de peuples développés comme celui d’un individu unique, avec son caractère, ses qualités et ses défauts, ses droits à disposer de lui-même. C’est ce concept qui a permis de passer des guerres des princes aux guerres entre nations, qui sont vite devenues une guerre mondiale. C’est toujours ce concept qui nourrit les guerres des Balkans comme la montée des extrêmes droites dans tous les pays développés. Lorsque à la différence de langue s’additionne la différence de religion, l’opposition est totale. Sur un territoire limité comme celui du moyen orient, la haine s’exacerbe entre des « peuples »artificiellement séparés.

A Babel, l’orgueil des hommes a été puni en étant transformé en orgueil collectif, l’orgueil terrible des nations.

Il est possible de faire de ces divisions une richesse, et de transformer le conflit des affirmations individuelles en amour, mais ce serait une révolution encore plus importante que celle de la tour de Babel.

Républicains ?

Républicains ou nationalistes ?
Ceux qui refusent l’entrée sur le territoire français à des réfugiés, qui fuient la guerre ou une misère telle qu’on ne peut plus nourrir ses enfants, et qui se prétendent républicains confondent le sens de ce mot avec celui de nationalistes !
La liberté, l’égalité et la fraternité sont pour tous les citoyens du monde.