Pour un nouveau fonctionnement démocratique

Dans toutes les démocraties du monde, mais c’est particulièrement vrai en France, on choisit d’avantage un homme que des idées. Dans le cas d’un scrutin à deux tour, on vote même surtout contre le finaliste qui nous fait le plus peur. Le vainqueur a ensuite toute latitude, dans les limites de la constitution et de la durée de son mandat, pour exercer le pouvoir comme il le souhaite, sans se justifier particulièrement vis à vis de ses électeurs. Il espère être réélu de la même façon, contre son adversaire et passe plus de temps à stigmatiser celui-ci qu’à justifier la non application de ses propres promesses.

Les scrutins proportionnels en un seul tour n’évitent pas vraiment ces écueils : les représentants des partis élus ont fait campagne sur des propositions qui n’ont pas de majorité absolue pour être mises en oeuvre. Pour gouverner, les partis élus doivent s’allier. Ne sont alors mises en œuvre que leurs propositions consensuelles. Les propositions originales, novatrices ne sont jamais partagées entre les partis alliés et ne sont pas mises en oeuvre. 

C’est ainsi que les démocraties occidentales, soumises en parallèle au pressions financières et idéologiques des hypercapitalistes, au niveau national et européen, ont mis en œuvre une politique de plus en plus libérale et de moins en moins sociale, quelles que soient les réformes promises.

Ce n’est pas une fatalité, la proposition suivante serait de nature à recréer une meilleur adéquation entre les électeurs et les gouvernants : on ne doit plus voter pour des hommes manipulateurs d’idées, mais pour des propositions concrètes, portées par des représentants. La constitution doit ensuite obliger ces représentants à les mettre en œuvre. Les partis doivent, pour chaque élection, proposer un programme contractuel, avec une étude de faisabilité et d’impact, à l’image d’un projet industriel. Selon les modalités suivantes d’élection, notamment un scrutin à deux tours, il faudrait laisser le temps aux partis qui souhaiteraient s’allier, pour recomposer un programme composite, mais également faisable avec un impact évalué. Seules les lois qui seraient prévues dans ces programmes, et qui auraient donc été soumises au vote de tous les citoyens, pourraient être mises en œuvre. Le suffrage universel doit être réservé aux lois et ne doit plus porter un surhomme au pouvoir.

Il faut bien sûr creuser cette idée, la discuter, l’améliorer, mais elle donnerait un peu de logique, de cohérence et d’honnêteté à nos démocraties qui en manquent cruellement.

2 réflexions au sujet de « Pour un nouveau fonctionnement démocratique »

  1. Donc vous voulez une technocratie ?
    Ne m’en voulez pas mais votre publication même si elle est intéressante n’est pas vraiment viable dans la réalité :

    – « on ne doit plus voter pour des hommes manipulateurs d’idées, mais pour des propositions concrètes, portées par des représentants » l’être humain n’est pas très doué pour l’abstrait,c’est pourquoi un combat est toujours mieux porté quand on peut l’associer avec un visage, une personne (c’est notamment la raison pour laquelle la république est incarnée par Marianne, cela permet de rendre l’idée de la mère patrie plus palpable pour l’ensemble du peuple). Il y aura toujours un individu qui feras office de leader.

    – « La constitution doit ensuite obliger ces représentants à les mettre en œuvre » L’idée bien qu’intéressante peut aussi être extrêmement pernicieuse, je m’explique : on ne changera pas les promesses éhontées qui pullulent en politique avec cela car premièrement qui surveillera les surveillant (comment seront-ils désigné et au vue de la défiance envers les experts aujourd’hui leur paroles seraient ‘elles respectées ?), ensuite une grande partie de la gouvernance est de devoir s’adapter a des situations qui peuvent remettre en cause tous les plans imaginable ( je vous invite a consulter la loi de Hofstadter qui même si elle est faite pour une échelle plus micro est tout aussi valable à l’échelle macro pour un exemple de problème et de manière général la loi de Murphy)

    – « notamment un scrutin à deux tours, il faudrait laisser le temps aux partis qui souhaiteraient s’allier, pour recomposer un programme composite » Ici nous retombons dans le problème que vous critiquez , rien n’empêcherait un parti qui souhaiterais récupérer des vois de changer (partiellement ou moins) son programme donc là encore nous pourrions tomber dans l’écueil actuel du « Je n’ai pas voté pour ça !» quand bien même il y aurait un candidat en face qui pourrait récupérer ces vois.

    – « Le suffrage universel doit être réservé aux lois et ne doit plus porter un surhomme au pouvoir » voici ma lecture de cela : « plus de vote plus souvent sur des sujets potentiellement extrêmement complexe » (les solutions simplistes pour les problèmes complexe ne fonctionnant pas ou très mal), sans vouloir penser à mal de mes compatriotes je ne pense pas que cela encore soit une bonne idée. Même en se renseignant et en échangeant je ne serais pas forcément compétent pour participer à la législation sur des problèmes allant de la santé publique (plutôt concret) a des questionnements sur le trading algorithmique (extrêmement complexe même pour ceux qui travaillent dedans) et l’éthique scientifique.

    De manière général votre post me fait dire que vous avez beaucoup d’admiration pour la démocratie directe, cela n’est pas un mal bien au contraire. Cependant il ne faut pas oublier que les exemples de démocratie parfaite sont très limités (on pourrait citer Athènes à l’époque antique) et ont toujours prouvées qu’elles étaient fragiles structurellement du fait qu’un peuple reste manipulable facilement (Athènes était rongé par les sophistes et les démagogues).

    Après je respecte votre envie de changer les choses, cependant il est extrêmement difficile de parvenir a un système un tant soit peu stable et je pense qu’il est nécessaire de prendre davantage en compte la nature humaine que les bon sentiments.

    1. Merci de votre réponse, peu de gens prennent la peine de lire pour réfléchir.
      Le système athénien a bien fonctionné, peu de temps, et sur un nombre relativement limité de personnes qui s’entendaient plus ou moins bien dans le forum.
      La révolution française a bien été bâtie sur des idées qui dépassaient les personnes qui les portaient.
      Aujourd’hui, nous avons les moyens, avec internet, de mettre un très grand nombre de personnes d’accord sur une plate-forme d’idées. C’est encore difficile, mais cela n’a jamais été autant à notre portée. Alors construisons ensemble un système universel. C’est normal d’avoir peur de s’y lancer, vu l’ampleur de la tâche. Mais sans courage, les esclaves seraient restés dans leur chaîne, les sujets ne seraient pas devenus des citoyens.

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